Je viens de le formater afin de lui donner un peu de tenue ici : le voici
PRESENTATION DE LA SIMPLICITE VOLONTAIRE
Claire De Brabander
décembre 2006
décembre 2006
INTRODUCTION - LE CONTEXTE
1/ Constats
Notre société est régie par des lois non inscrites dans aucun code pénal mais que tous les citoyens suivent avec une obéïssance plus importante que pour les lois qui ont un pouvoir coercitif. Une des principales règles non énoncées est :
"L'important est de posséder, l'important est de consommer."
La publicité et les mass-médias vont, via leur propagande, la manipulation, créer des besoins, faire miroiter l'illusion du bonheur.
Le monde politique soutient cette tendance via la recherche continue de "croissance économique". Et chacun tente de travailler toujours plus pour pouvoir gagner toujours plus, quitte à s'abrutir et à en perdre la santé ou la vie.
En tant que citoyen, qu'individu, nous avons une responsabilité dans ce système. 20% de la population mondiale (principalement dans les pays occidentaux) consomme plus de 80% des richesses mondiales. Les autres 80% de la population doivent donc "faire avec" les 20% restant.
Selon le concept de l' empreinte écologique (http://www.earthday.net/footprint/index.asp ), nous consommons, pour la plupart, comme si nous avions 3 à 5 planètes Terre à notre disposition. Ce n'est pourtant pas le cas, et nous sommes dès lors en train de scier la branche sur laquelle nous sommes assis.
2/ Conséquences
Cette situation planétaire va entraîner des conséquences tant sur l'environnement, sur la société que sur les individus.
a) sur l'environnement
- Les ressources planétaires étant limitées, elles ne sont pas disponibles à profusion. C'est pourtant comme telles qu'elles sont considérées, et dès lors pillées. L'exemple du pétrole est le plus probant. Nous atteindrons dans les prochaines années une capacité de production mondiale inférieure à la demande qui ne cesse de croître (plus particulièrement en Chine et en Inde et dans les pays que l'on appelle "émergents").
- Nous produisons toujours plus de déchets. Cela va de l'insinération de nos détritus (production de CO2) à l'épandage des déjections animales, des pesticides et engrais chimiques sur les terres agricoles, qui polluent de nitrates les nappes acquifères. Il y a aussi nos déchets nucléaires non recyclables pour des dizaines de milliers d'années qui sont abandonnés dans l'océan ou enfouis dans le sol.
- Outre les nitrates dans l'eau, il y a toutes les autres pollutions : de l'air, principalement par le CO2 (produit par la combustion du pétrole via les moyens de transports, notre chauffage et l'industrie), de l'eau et du sol, liés à notre activité humaine, à notre surindustrialisation et à notre insouciance. Nous en sommes à constater le réchauffement de notre climat dont les suites vont nous surprendre de plus en plus : désertifications / famines / inondations / ouragans et autres phénomènes extrêmes.
- La dissémination d'OGM dans la nature risque également de nous mettre devant des situations ingérables qui n'auront pas été prévues dans les projets (profitables) à court terme.
- Les changements climatiques, les déforestations massives, ainsi que l'agriculture intensive, c'est-à-dire la main-mise de l'homme sur tous les territoires, provoquent également une diminution de la biodiversité. Des centaines de milliers d'espèces ont déjà disparu, et bien plus encore sont en voie de l'être.
Le développement de l'activité humaine, tel qu'il se fait actuellement, ne peut se poursuivre sans aller au devant de catastrophes toujours plus grandes. Et rappelons que tout cela ne profite qu'à 20% de la population mondiale, les autres 80% en subissant dramatiquement les conséquences.
b) sur la société
- Cette situation a aussi pour conséquence les inégalités économiques et sociales, d'une part, entre le Nord et le Sud, et d'autre part entre les classes sociales. Les riches deviennent plus riches, les pauvres deviennent plus pauvres. Entre 18 et 20 millions de personnes meurent encore de faim et de malnutrition chaque année. Les populations qui survivent, le font bien souvent sans avoir accès à l'eau potable, aux soins de santé, à l'éducation et à un logement décent.
- La lutte pour le profit et pour les ressources naturelles rend fragile l'équilibre entre les puissances mondiales. Beaucoup de pays vivent en guerre ou sous la menace de la guerre. Et les injustices sont propices à créer le terreau d'extrémismes et de terrorismes.
- D'autre part, nos sociétés basées sur le développement à l'excès de la technologie, sont vulnérables par leur complexité et l'interdépendance de ces développements au niveau mondial.
- La qualité du travail est elle aussi victime de la course au profit. Une pénurie étant maintenue , elle permet d'exploiter plus les travailleurs, elle favorise le sous-emploi. De plus, la division du travail et la spécialisation toujours plus importante génère une perte de sens chez les travailleurs.
c) sur les individus
L'obéïssance à l'ordre de consommer, la soumission continuelle à la manipulation de la publicité et à la propagande médiatique génère l'aliénation du citoyen. Il y a un effet d'endormissement de la conscience à laquelle correspond sa passivité et son acceptation de la situation, avec bien souvent aussi un sentiment d'impuissance.
- Chaque individu vit dans un continuel "besoin d'argent" qui va le mener à accepter de travailler toujours plus, au détriment du reste : de la famille, de la vie affective, de l'engagement social, de la santé, ainsi que de la vie communautaire. Le stress de cette situation est omniprésent, et il peut s'accompagner d'une perte de sens.
- La dépendance à la consommation entraîne une escalade de celle-ci. Beaucoup s'identifient à des individus, à des marques, à des modes, et vivent en parallèle la frustration de ne jamais pouvoir vraiment y ressembler. C'est le phénomène de la pauvreté de l'abondance : on consomme pour être heureux, or consommer ne rend pas heureux. La commercialisation de tout entraîne un faux respect des valeurs, les vraies valeurs (non commercialisables) étant discréditées.
- Les besoins sont créés de toutes pièces. Les commerçants n'hésitent pas à faire appel aux pulsions du client, à satisfaire dans l'immédiat. On n'hésite pas à provoquer une exacerbation de la sexualité. Et le client est maintenu dans la frustration, car ces besoins ne sont pas réels.
- La consommation pronant qu'elle peut répondre à tous nos besoins, le chacun pour soi devient la règle et l'individualisme prévaut sur la solidarité.
Cela n'est pas inévitable
En dehors de la sphère politique et contre-politique (militance et anarchisme), il existe des solutions,
- aux niveaux national et international via des organisations alternatives,
- à un niveau plus régional via les communautés locales,
- et enfin, à un niveau individuel, et aussi local, la simplicité volontaire, permet de se libérer du système en agissant dans sa propre vie au quotidien. Cela peut se faire avec d'autres et peut essaimer autour de soi.
DEFINITION DE LA SIMPLICITE VOLONTAIRE
La simplicité volontaire est un choix personnel qui consiste à prendre la direction
vers une vie matérielle, intellectuelle, psychologique et spirituelle
plus proche de nos réels besoins et de nos réelles valeurs,
pour soi, pour les autres, et pour la planète.
Chacun qui chemine dans cette direction le fait à sa manière, à son rythme, en choisissant certaines priorités plutôt que d'autres, cela lui appartient. Si le choix est personnel et l'action qui en découle a priori individuelle, ils favorisent la solidarité, les échanges, la générosité, la convivialité.
Le Réseau Québécois pour la Simplicité Volontaire donne une définition plus précise :
http://www.simplicitevolontaire.org/rqsv/definition.htm
ORIGINE DE LA SIMPLICITE VOLONTAIRE
L'expression "simplicité volontaire" fut pour la première fois utilisée en 1936 par Richard Gregg (USA)
http://en.wikipedia.org/wiki/Richard_Gregg .
Cependant il a fallu attendre les années 1970 pour faire connaître le concept. En effet c'est à cette époque que Duane Elgin (USA) a écrit un article important sur le sujet. Celui-ci a été réédité récemment sur un site américain de simplicité volontaire :
http://www.simpleliving.net/main/
Le présent texte en est en partie inspiré. En 1981, Duane Elgin a publié un livre sur la simplicité volontaire.
Serge Mongeau, médecin québecois publie, en 1985, le livre "La Simplicité Volontaire". Ce livre est complété et republié en 1998 "La Simplicité Volontaire, ... plus que jamais" encore actuellement disponible aux éditions EcoSociété.
On peut également citer les exemples de Thoreau, Gandhi et Schumacher (auteur du livre "Small is beautiful" 1973) qui, s'ils n'ont pas utilisé l'expression, ou fait partie du mouvement en tant que tel, menaient une vie totalement en accord avec les valeurs de la simplicité volontaire.
LE MOUVEMENT DE SIMPLICITE VOLONTAIRE
On ne peut pas réellement parler de mouvement de simplicité volontaire, dans le sens où la plupart des personnes pratiquant la simplicité volontaire, ne sont pas forcément membres d'une organisation ou d'un réseau. Certaines peuvent même ignorer l'expression, la vivant simplement par conviction personnelle, sans être influencées d'aucune manière par des textes, ou des personnes sur le sujet.
Chacun chemine librement sur ce chemin, et il n'est pas nécessaire de s'identifier à ce concept pour le vivre.
On évalue cependant actuellement à 12-15% le nombre de personnes impliquées aux USA, ainsi qu'au Québec.
Au Québec, Serge Mongeau fait figure de pionnier. Son livre y est un best seller. Il donne des conférences un peu partout dans la région et est très médiatisé.
En Suisse et en France, des initiatives bourgeonnent un peu partout sans qu'il n'existe un centre névralgique pour les centraliser ou les mettre en réseau comme c'est le cas du RQSV (Réseau Québécois pour la Simplicité Volontaire) au Québec
http://www.simplicitevolontaire.org/ .
En Belgique (francophone) jusqu'en 2005, la simplicité volontaire était pratiquement inconnue. L'association "Les Amis de la Terre" ont organisé des conférences sur le sujet, ce qui a permis de créer une bonne dizaines de groupes, principalement dans les régions de Liège et de Namur.
http://www.amisdelaterre.be/rubrique.php3?id_rubrique=32
Cependant les valeurs de la simplicité volontaire se répandent. On les rencontre également aux travers :
- des SEL en France et en Belgique
http://fr.wikipedia.org/wiki/Système_d'échanges_locaux
http://selidaire.org/spip/
- des JEU au Québec
http://www.freewebs.com/jeudemontreal/index.html
- des RES ou RERS
http://users.swing.be/ecotopie/res.html
http://fr.ekopedia.org/RERS
et autres initiatives locales en tous genres.
suite au prochain message






