"Le temps des gitans", en effet, ça m'a impressionnée, et "breaking the waves", si c'est bien le film auquel je pense, c'était passablement dur.
Personnellement, je ne cherche pas à voir ce genre de films (surtout le style breaking the waves). Actuellement, (ce n'était pas le cas dans le passé) quand je sais à l'avance que c'est ce genre de film, je refuse de le regarder. Pareil d'ailleurs pour les bouquins : tout ça me fait souffrir. Et lire ou voir un film pour moi ce doit rester du délassement. Ou alors je considère que c'est pour m'informer, et je le regarde dans une autre perspective.
Mais dans l'ensemble, je n'estime pas que des films qui racontent des fictions soient réellement informatifs. Cela dit, pour le temps des gitans, ça l'était très très fort (ce qui est exception selon moi).
Tu cherches à déprimer Jackihi?

Je trouve que la vie nous envoie suffisamment d'émotions fortes (négatives) pour ne pas chercher à en vivre via l'identification à des personnages qui en vivent d'autres. Nous ne sommes pas obligés, pour vivre correctement, d'être témoins de toutes les horreurs que la vie sur terre permet. Je ne dis pas qu'il faut se mettre des oeillères, mais je pense, en tout cas, c'est vraiment ce que j'applique dans ma vie, que pour ma bonne santé mentale, j'ai intérêt à me protéger de ce genre de films. Et je pense qu'ils peuvent nous faire du tort, tout comme le font la publicité, les journaux télévisés (en général sordides, mélangé à du futile), les émissions pourries, etc. La vie, ce n'est pas ça.
Si je dis tout ça, c'est un peu dans le même cadre que quand je dis que la télé nous pourrit la mentalité, nous empêche de penser par nous-mêmes. Les livres et les films, peuvent faire exactement pareils, tout aussi insidieusement, mais à un niveau différent. Je remettais en cause « les classiques » plus haut dans l'échange, dans le sens qu'ils nous conditionnent (par millions puisque ce sont les références de toute une culture) aux valeurs qui ont mené notre société à ce qu'elle est devenue.
Et pour les films durs, c'est plus dans le sens : ils sont bien foutus, ils parlent d'une réalité criante, ils nous touchent profondément, mais ils ne nous aident pas à vivre mieux, tant au niveau du bien-être, qu'à celui de l'évolution personnelle.
J'insiste sur le fait que c'est mon opinion d'aujourd'hui, et que je ne veux pas m'arrêter forcément là. Peut-être que j'ai oublié, ou dénié de bonnes raisons de s'intéresser aux fictions qui font souffrir.
Jackihi, j'espère que tu ne le prends pas mal. Je ne cherche pas à te rentrer dans le chou, ou à te contredire pour le plaisir. En plus, je suis sûre que plein de gens partagent ton opinion, donc c'est pas du tout personnel.
Juste, j'ai l'impression qu'on nous a appris que de tels films, même s'ils nous font mal, sont bons pour nous, car ils touchent les fibres sensibles et ils ne nous laissent pas indifférents.
Et je ne suis pas sûre que ce soit vrai.
Tout en écrivant, je me dis que ce que je dis est relatif. Quand j'ai vu le film : « secret and lies » qui est relativement dur, j'étais vraiment très contente de l'avoir vu.
Je pense que c'est parce que la conclusion du film permet l'espoir, ce que ne permettent absolument pas les deux films cités plus hauts (je me rends compte en relisant ton message que toi tu as vu une touche d'espoir en fin de film, je n'en ai pas souvenir, ou ne l'ai pas remarqué).
Je pense que c'est ça qui est important pour moi. Un film qui ne termine pas sur une touche d'espoir est un film qui aide à déprimer. Et à mes yeux, la vie, par cycle, nous remet toujours sur des touches d'espoir.
Je sais pas, mon raisonnement est brut, pas encore bien étayé, mais je sens vraiment qu'il y a quelque chose de nuisible à se nourrir de films très durs dont le constat final est l'horreur. Même si je n'ai pas encore les arguments à la conscience, c'est assez net dans mon esprit.
Je pense que c'est un peu pareil que de regarder des films qui terminent toujours bien : c'est nous leurrer. La vie n'est pas « il était une fois.... et....ils furent heureux et eurent beaucoup d'enfants ». Car si on le croit à force de regarder les films, et qu'on s'étonne de pas vivre ça, on ne fait que nourrir le fait de ne pas pouvoir être heureux.
J'imagine que certains regardent des horreurs en se disant : ben au moins, ce que je vis est dur, mais pas aussi dur que dans le film. Pour moi cette approche n'est pas saine (en rapport entre autre à la loi de l'attraction). A force garder nos pensées dans les choses problématiques et dures à vivre, on vit dans les problèmes et les difficultés.
Bon, comme d'hab, j'espère ne pas être la seule à penser ainsi. Certains ont dit dans d'autres échanges, aimer se confronter à des opinions différentes afin d'enrichir les leurs. Pour ma part c'est un peu l'inverse. J'ai l'impression d'avoir toujours une opinion en décalage, et j'aime savoir que je ne suis pas seule à penser comme je le fais.