"Il est 6h00 du matin, je le sais c'est indiqué en gros et en rouge au plafond, la sonnerie me perce les tympans. Je me lève fonce au bureau allume l'ordinateur et regarde mon GSM. J'arrive enfin en bas, le café est prêt, ce bon café du percolateur bien tiède, le pain de la machine à faire le pain est aussi fait, encore tout chaud. J'allume la télé en mangeant mes céréales au maïs (transgénique ???).
Je suis prêt, je monte dans mon monospace, la radio est là fort bien heureusement car comme tous les jours, je suis seul pour faire ces deux heures de route me menant à mon lieu de travail.
Sur la route, tous ces gens, bien souvent seuls aussi, bien à l'abri de ce qui représente leur réussite sociale, regardent droit devant eux, pas un regard de travers, pas un sourire.
Embouteillage, super, çà commence plus tôt que les autres jours.
J'arrive au boulot, j'ai beaucoup de chance, je ne dois pas chercher pour trouver une place de parking, mon entreprise où je bosse 12 heures pas jour m'en alloue une autour du turbin.
J'arrive, comme nombre de mes collègues à cette heure, et il y a une file pour entrer, chacun devant entrer sa carte pour que la barrière se lève. Je suis enfin sur le parking et me dirige maintenant sorti de ma voiture, vers l'entrée, là une autre file m'attend, celle de la pointeuse. J'arrive dans mon bureau, j'allume mon ordinateur, je dois me aller vite, les supérieurs m'ont mis en compétition avec deux autres collègues pour une promotion, je vais leurs faire manger le bitume. Déjà midi, hop je vais rejoindre la file pour la pointeuse, je me dirige ensuite vers les cuisines car j'ai cette chances ; l'entreprise me prépare à manger. Là je prend un plateau et fait la file en attendant d'être servi. Quel est le menu aujourd'hui : Frites, Fishsticks et épinard à la crème. Je suis enfin servi par le personnel, tandis que l'une me sert, l'autre déverse un bac de légumes surgelés dans une des "casseroles" de cuisine collective. Je prend un Cola-Cola comme boisson çà va me donner de l'énergie pour cette après-midi.
Après le repas, je me dirige vers la pointeuse et fais la file. Je suis dans mon bureau, cela fait trois semaines que je n'ai plus adressé une seule parole à mes deux collègues et dès que je le peux, je leurs fait des coups bas pour qu'ils mordent la poussière.
Ma journée est finie, je refais à nouveau la file à la pointeuse, me dirige vers mon véhicule et me met derrière mes collègues qui attendent que la barrière s'ouvrent en mettant leurs cartes.
A peine, sorti, zut déjà des embouteillages! Ca a été aujourd'hui, je n'ai mis que 2h1/4 pour revenir à la maison. Sur la route, j'ai faim! Je passe devant un Mc Machin, me gare et entre, je prend un plateau et attend mon tour. Je prend un Big Machin, enfin un repas équilibré!
Une fois fini, je me dépêche de reprendre la route pour rendre visite à mes parents, avec tout ce travail et cette promotion, cela fait au moins trois semaines que je n'ai plus de nouvelles de leurs parts, maman a eu une trombose, il y a un an, elle ne sait plus marcher, papa est débordé lui qui a toujours eu quelqu'un pour s'occuper de lui. OH puis M...e, il est trop tard, je rentre et j'ai encore du boulot. Après tout, ils pourraient bien prendre de mes nouvelles, non!
J'arrive chez moi et me dirige vers l'ordinateur qui est resté allumé toute la journée, je lis mes messages, dactylographie mon dernier rapport afin d'écraser un peu plus les deux autres gugusses et je suis fatigué, je m'endort...
Il est 6h00 du matin, je le sais c'est indiqué en gros et en rouge au plafond...."
Voilà ce que vivent certain de nos voisins, amis peut-être, frères ou soeurs.
Je ne suis pas opposé au progrès quand celui-ci est utile à la société, quand celui-ci unifie, lie, permet des avancées dans des domaines d'utilité publique... cette vie stérile où l'on sait ce qui va arriver puisque répétitive, où l'on nous a appris le contre plutôt que l'ensemble, où la verticalité prime à l'horizontalité, je n'en veux pas.
Je suis maître de mon destin, et je décide quand, comment, où et pourquoi.
Radical, oui peut-être mais uniquement avec moi!.
