Temps partiel

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Re: Temps partiel

Message par loulie le Ven 5 Jan - 22:47

Merci beaucoup calispera... ça fait du bien !
Hé non, je suis pas austère, je dirais sobre et simple mais la fantaisie, l'amour, le rire et le rêve tiennent une grande place dans chacune de mes journées. Je connais des centaines de gens dans toute les sphères d'actitivités et de toutes les générations.
J'ai fait le constat que mon mode de vie avait cet avantage non négligeable de me mettre en contact direct avec ... l'humanité ...!

Je vivais déjà comme ça avant que serge mongeau écrive son livre... !
J'espère que tu trouveras ton compte dans cet ouvrage.

Merci à tous et toutes pour la qualité humaine de ce forum.
à +
loulie

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Re: Temps partiel

Message par mirza le Sam 6 Jan - 7:28

loulie a écrit:Je vivais déjà comme ça avant que serge mongeau écrive son livre... !

Oui mais pas avant que Thoreau écrive le sien Wink Smile

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Re: Temps partiel

Message par loulie le Sam 6 Jan - 16:43

Sûr que non, à cette époque je faisais une pause... j'étais le roseau qui poussait au bord de l'étang près de sa cabane !!!!!! PT de rire

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Re: Temps partiel

Message par mirza le Sam 6 Jan - 19:51

profiteuse ! (de la vie)

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Re: Temps partiel

Message par Joël le Sam 6 Jan - 21:12

Quand j'allais régulièrement à Boston, je passais toujours faire un tour au bord de l'étang de Walden. C'était comme dans des ruines grecques, il y avait un peu de Thoreau dans l'air. Malheureusement au fil du temps le tourisme a pris le dessus. Il faudrait en faire un parc national.

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Re: Temps partiel

Message par loulie le Sam 6 Jan - 21:56

Régulièrement à Boston ? Paraît que c'est une ville très comme il faut !

Allez, on s'ouv'tu un topic su' la désobéissance civile ?
C'est mon dada !!
loulou

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Re: Temps partiel

Message par korrotx le Jeu 8 Mar - 11:08

"Travailler plus pour gagner plus", dans les médias français on n'entend que ça dès que quelqu'un de droite prend la parole (quand ce n'est pas "remettre la France au travail"). Ça en devient presque un bruit de fond hypnotique.
Gagner plus pourquoi? Ce qui est presque toujours sous-entendu c'est pour pouvoir mettre "du beurre dans les épinards", c'est à dire un peu de confort dans un quotidien difficile. Ça véhicule l'idée que la France est majoritairement peuplée de gens qui passent leur vie à trimer, ne mangent que des pâtes, s'habillent d'occase et comptent le moindre sou (au passage, que ce cas soit général ou pas, jamais ce discours ne remet en question les salaires bien entendu).
Du fait de ce discours ambiant, parler de temps partiel dans une démarche de simplicité volontaire, au meilleur des cas c'est taxé d'irréalisme ("comment veux-tu que tout le monde fasse pareil, déjà qu'on s'en sort tout juste en bossant 40h par semaine"), au pire ça devient presque honteux, on n'ose pas dire qu'on réduit ses frais pour pouvoir travailler moins, ça passe pour une situation de privilégié qui s'offre le luxe de pouvoir vivre sans trimer. Parallèlement à ça c'est vrai que culturellement c'est vachement mieux vu de faire plein d'heures sans qu'on en ait forcément besoin, que de vouloir en faire moins parce-qu'on n'en a pas besoin d'autant. Le culte du zèle, je pense que ça joue aussi.

De votre côté, comment vivez-vous ce discours ambiant? (ceux des autres pays francophones : entendez-vous le même?)

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Re: Temps partiel

Message par Cassandre le Jeu 8 Mar - 13:41

korrotx a écrit:De votre côté, comment vivez-vous ce discours ambiant? (ceux des autres pays francophones : entendez-vous le même?)

Travailler plus pour gagner plus > consommer pour relancer la croissance > la croissance pour créer de l'emploi…
C'est le serpend qui se mord la queue, et avec une telle thématique, qu'elle soit à droite ou à gauche, comment ne pas se dire qu'on se fout de nous ?

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Re: Temps partiel

Message par korrotx le Jeu 8 Mar - 14:50

Vu comme ça c'est sûr, mais combien parmi les gens que je vois dans le bus tous les matins ont le temps d'y réfléchir et de voir le global?
Je sais pas trop, peut-être plus que je me l'imagine?
J'ai plutôt l'impression que ce discours joue sur les difficultés financières des gens (quelle qu'en soit la raison : salaire de merde, loyer honteux, ou bien dépenses mal gérées, accumulation de crédits...), et que ce qui est principalement retenu c'est "gagner plus" sans voir l'entube globale qu'il y a derrière.

Peut-être nous faudrait-il lacher le contre-slogan "dépenser moins pour pouvoir travailler moins"? Pour pouvoir dépenser moins, soit à la base on dépense effectivement plus que de raison et on a de la marge, soit il faut jouer collectif (comme disaient les deux frères chauves) pour faire baisser les frais.

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Re: Temps partiel

Message par calispera le Jeu 8 Mar - 16:57

Je ne suis pas sûre de tout à fait comprendre. Pour moi il ne s'agit pas de prôner de dépenser moins pour travailler moins. Il s'agit d'apprendre à dépenser moins en retrouvant son bon sens, et se rendre compte par la même occasion que de la sorte on a moins besoin d'argent et qu'on peut donc gagner du temps à autre chose qu'à "travailler pour gagner des sous"....non?

Sachant qu'il y a tout de même pas mal de monde qui a du mal à nouer les deux bouts (20-30% de la population?), j'observe aussi pas mal les gens dans la rue et dans les métros. Un nombre incroyable d'entre eux ont un téléphone portable (99,99%? Wink), un lecteur mp3 (jusque dans les 40 ans, ça j'en reviens pas Wink), des malettes ou sacs en cuir de luxe pour certains, des bijoux, beaucoup de gadgets, des sacs remplis d'achats de toutes sortes. Les gens suivent aussi terriblement la mode (les 10-35 ans). Pour tout ça, il faut une montagne d'argent qu'on n'utilise probablement pas pour la nourriture de qualité, pour la culture, pour la santé etc. Je connais aussi énormément de gens qui disent avoir du mal à nouer les deux bouts, mais qui ont l'argent pour aller en vacances, aller au resto, au cinéma, s'offrir plein de choses. Ils vivent en fait dans le paradoxe, mettent les priorités sur ce qui n'est pas forcément important pour nous. Dire qu'on n'a pas assez d'argent se résume souvent à la même chose que de dire qu'on n'a pas assez de temps. Il s'agit de ne pas exprimer clairement où sont nos priorités, et en fait ne pas trop les connaître et agir anarchiquement.
Ce que je dis là est une supposition, disons que cela me pose question. J'ai vraiment l'impression que tout ce qui est superficiel, et carrément superflu, est devenu vraiment pas cher (certains magasins se spécialisent dans le domaine, et offrent vraiment n'importe quoi pour des prix dérisoires). Et les gens ont acquis dans leurs habitudes de se les offrir, et de les jeter aussitôt après.
Un exemple frappant au centre de Bruxelles, quartier touristique : les gens n'admirent plus la Grand Place, ils y viennent et passent leur temps à la mitrailler avec leur appareil digital. Quand je la traverse, j'hésite à m'arrêter pour ne pas gâcher les photos prises par les uns et les autres (ne pas traverser le champ de la prise de vue), mais la compulsion générale est telle que si ça continue, il faudra mettre des feux rouges tous les 10 mètres (je carricature Wink) Prendre la photo est plus important que jouir d'être là.
Les gens non seulement travaillent des heures pour se payer l'appareil, ils travaillent également pour se payer le voyage et une fois sur place, ils consacrent leur énergie à rentabiliser l'appareil plutôt que de jouir pleinement du lieu, du moment, de la compagnie etc. C'est exactement aussi comme ce que Cassandre décrit par le serpent qui se mange la queue. Bref, mon propos n'est pas super cohérent, c'est mon côté ahuri par l'allure que prennent les choses qui a pris le dessus Wink

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Re: Temps partiel

Message par korrotx le Jeu 8 Mar - 18:13

Pour moi il ne s'agit pas de prôner de dépenser moins pour travailler moins. Il s'agit d'apprendre à dépenser moins en retrouvant son bon sens, et se rendre compte par la même occasion que de la sorte on a moins besoin d'argent et qu'on peut donc gagner du temps à autre chose qu'à "travailler pour gagner des sous"....non?
On est bien d'accord. Ce que je voulais dire par "pouvoir travailler moins", c'est pouvoir diminuer son temps de salariat.
Cette idée de dépenser moins s'applique dans un premier temps aux cas que tu décris, où il s'agit de se désencombrer des petits et gros gadgets de la consommation de masse (et avant ça de ne plus trouver ces gadgets désirables). Mais même sans ce genre de dépenses, il peut être dur de joindre les deux bouts, par exemple quand on a un salaire trop faible par rapport à de grosses dépenses comme par exemple le loyer. Auquel cas une démarche collective peut aider à diminuer les frais pour chacun (un "mitoyennage coopératif" en quelque sorte).

Prendre la photo est plus important que jouir d'être là.
Très juste. Il m'arrive aussi d'être dans ce genre de frénésie malgré moi quand je prends des photos.
Beaucoup de gens n'habitent plus vraiment le monde, ils en sont séparés et il forme au mieux un décor. C'est en lisant ces pages sur Augustin Berque que j'ai pu bien le comprendre
http://www.peripheries.net/article184.html
http://www.peripheries.net/article185.html

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Re: Temps partiel

Message par calispera le Jeu 8 Mar - 23:26

Euh, j'avoue ne pas avoir eu le courage de lire les deux articles jusqu'au bout. Il faut dire, ils sont plus longs que ce que j'ai l'habitude d'écrire moi-même qui ne fais déjà pas dans le court Wink

Je reste un peu sur ma faim. L'auteur de l'article prévient que l'auteur du livre donne moult références culturelles, linguistiques, philosophiques etc. et que c'est d'un intellectualisant pas possible, mais qu'il faut s'accrocher tellement c'est passionnant. Mais l'article lui-même fait pareil ou pire, sans avoir été pour moi passionnant : j'avoue qu'il m'a découragée.

De plus, et je présume avoir mal compris, mais je me dis qu'en l'exprimant je donne l'occasion de rectifier : j'ai l'impression que ce que Berque décrit dans Ecoumène, c'est la sensibilité féminine (qui accueille plus facilement les sens, les émotions, le pragmatique au quotidien pour en tirer sa sagesse) qu'il oppose à l'esprit scientifique (le côté cartésien qui doit donner des preuves et se détacher de l'objet de son étude pour garder son objectivité sur ce qu'il en dit).
Et si j'ai bien compris, toujours selon l'article, Berque parle scientifiquement de cette sensibilité féminine afin de rester crédible (face à lui-même ou face à ses lecteurs). Ce qui me paraît plutôt paradoxal. A moins que Berque n'ait écrit avec beaucoup de sensibilité, et que ce soit l'auteur de l'article qui en donne une description plus aride de type scientifique?
Bon, c'est plus une boutade en forme de question. Est-ce que d'autres ont lu et compris comme moi? ou bien c'est parce que j'ai rien compris?

Par contre ta citation :
"Beaucoup de gens n'habitent plus vraiment le monde, ils en sont séparés et il forment au mieux un décor. "
si elle résume à elle seule le bouquin, me "parle" beaucoup plus. Comme quoi...

A titre personnel, comme témoignage, j'ai souvent la même impression que toi. Pourtant, je vis dans un extrême isolement. Mais quand je circule en métro, quand je suis dans les cafés, en rue ou dans tout autre lieu où se trouvent des gens, j'ai l'impression d'y être beaucoup plus présente que n'importe qui, je me nourris de la présence des gens, .... et j'observe que beaucoup sont totalement absents. J'ai l'impression que la plupart des gens vivent bien plus avec leurs possessions qu'avec leur entourage, et "utilisent" leur entourage comme s'il s'agissait de leurs possessions. On n'écoute plus vraiment l'autre, on l'entend afin de pouvoir parler soi-même et lacher ce qu'on a à dire. En parlant des gens ainsi, je ne m'exclus pas forcément moi-même du lot, ces tendances ne me sont pas inconnues.
De plus, je pense que plus on est dépendant d'une quelconque technologie (ou facilité superflue de confort) moins on vit dans l'ici et maintenant. Toute dépendance, induit l'idée de drogue, ce qui implique qu'on est à côté de ses pompes, hors réalité, hors conscience.
Les technologies les plus impliquées sont pour moi la télé, le téléphone portable, la voiture et l'ordinateur, devinez laquelle je "possède" Wink

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Re: Temps partiel

Message par korrotx le Ven 9 Mar - 15:33

Concernant Berque, disons qu'il parle en effet scientifiquement, mais sa science n'est pas la science de Descartes où l'observateur fait semblant d'être séparé de la réalité qu'il observe. En fait il questionne la vision du monde qui domine en occident depuis en gros Descartes, vision du monde qui ne tient plus compte de la vie subjective, et qui indirectement est la source de la séparation actuelle : séparation par rapport au monde (qu'on n'habite plus), par rapport aux autres (qu'on n'écoute plus, comme tu le disais), voire par rapport à soi-même.
L’idéal du point de vue de la médiance [la relation de l’être humain à son milieu], contrairement au dualisme moderne, c’est d’arriver à penser rigoureusement à partir de notre vie elle-même, au lieu de s’en abstraire. C’est en effet la logique la plus vraie, dans la mesure du moins où nous ne sommes pas encore des cadavres."
Mais c'est vrai que Ecoumène n'est pas un bouquin "grand public".
Pour ma part il y en a un qui m'a beaucoup plu ces derniers temps, c'est laTyrannie de la réalité, de Mona Chollet, où elle s'inspire de beaucoup de gens (dont Berque) et où elle détaille le besoin d'espace pour notre vie intérieure dans une société où cette vie a de moins en moins de place, où tout est "managé", rationalisé, sommé d'être efficace et sans faille.
Je suis quelqu'un qui lit généralement très peu car je redoute d'être déçu et d'avoir perdu mon temps, et ce bouquin-là m'a fait beaucoup de bien (mais je connaissais déjà Mona Chollet par son site http://www.peripheries.net )

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Re: Temps partiel

Message par mirza le Ven 9 Mar - 16:44

korrotx a écrit:Le culte du zèle, je pense que ça joue aussi.

Ça je l'ai carrément entretenu moi-même.
Maintenant je relativise, en tout cas j'essaie, et l'un des trucs que j'ai appris c'est à ne pas considérer que la part que je vois d'une personne est censée constituer la majeure partie de sa vie. Concrètement, ça veut dire que je m'interdis de considérer que qqn qui ne s'investit pas dans son boulot autant que je le fais (que j'ai pu le faire) est un flemmard, ou ne fait *rien*. Il peut faire plein de choses à côté, il en a peut-être fait le choix pour se préserver du temps pour d'autres choses.

Ce culte du zèle, de mon point de vue, nous bouffe. J'avais lu une fois (et je crois que c'était en suivant un lien qu'avait donné korrotx) qu'on considérait avec une déconcertante facilité, qu'il était plutôt gratifiant de continuer à travailler (*) alors qu'on est malade, plutôt que de s'arrêter qqs jours pour se reposer, et recommencer mieux une fois remonté. Comme si continuer vaille que vaille c'était bien mieux que de reconnaître, d'accepter son propre rythme. Cette lecture m'avait frappée parce que je l'avais trouvée extrêmement vraie - je ne sais pas si ça vient de mon propre point de vue personnel ou si ça peut s'appliquer plus largement.

(*) La notion de "travail" utilisée ici peut très bien s'appliquer à toutes formes d'activités, salariées ou non.

Le fait même d'imaginer que chaque personne puisse avoir son propre rythme est complètement contraire au travail tel qu'on le conçoit habituellement aujourd'hui.

L’idéal du point de vue de la médiance [la relation de l’être humain à son milieu], contrairement au dualisme moderne, c’est d’arriver à penser rigoureusement à partir de notre vie elle-même, au lieu de s’en abstraire.

Ça, c'est vachement compliqué à faire. En tout cas, àcommencer à faire. C'est peut-être, sans doute, le côté porte ouverte à toutes les fenêtres...

Bon je vais (re)lire les liens sur Berque, ça fait longtemps.

mirza

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Re: Temps partiel

Message par calispera le Ven 9 Mar - 20:15

mirza a écrit:
korrotx a écrit:L’idéal du point de vue de la médiance [la relation de l’être humain à son milieu], contrairement au dualisme moderne, c’est d’arriver à penser rigoureusement à partir de notre vie elle-même, au lieu de s’en abstraire.

Ça, c'est vachement compliqué à faire. En tout cas, àcommencer à faire. C'est peut-être, sans doute, le côté porte ouverte à toutes les fenêtres...


Je suis d'accord avec toi. Je pense que c'est quelque chose que je me suis mise à apprendre ou réapprendre à faire à partir du moment où j'ai arrêté de regarder la télé (5 ans bientôt). C'est fou ce qu'elle nous empêche de penser et ressentir par nous-mêmes. Pour moi c'est un long apprentissage. Car dans un monde de fous comme le nôtre, quand notre bon sens parle, il est presque toujours contredit par l'entourage ou les médias. Alors écouter cette petite voix : tirer les leçons de notre expérience, de notre vécu, faire confiance à notre intuition, nos capacités de raisonnement propre; quand systématiquement, ou presque, elle contredit le ronron ambiant : c'est en effet assez difficile. Pas que les expériences ne donnent pas des leçons claires ou que le bon sens soit douteux, ou que l'intuition soit trop faible, je ne pense pas. Juste qu'il est très difficile (pour moi en tout cas) de se faire confiance quand tout nous dit qu'on a tort. En général, seul le temps nous donne raison, et il faut parfois des années pour se le prouver.
Je pense aussi que c'est, pour la plupart, quelque chose que l'on ne commence à faire qu'à partir de 30-40 ans, quand, l'éducation est terminée, et les premiers pas dans la vie actives largement entamés. Car l'éducation nous façonne, et tant qu'elle n'est pas terminée, tant qu'on n'est pas confronté durablement à la vie active, trop peu de choses nous amènent à remettre en question ces conditionnements.

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