De notre servitude involontaire
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De notre servitude involontaire
J'avais cité dans un récent message le livre de Alain Accardo : "De notre servitude involontaire" paru aux éditions Agone il y a plusieurs années déjà.
Ce livre a été pour moi une sorte de révélation. Il a mis les mots sur quelque chose que je commençais à comprendre par moi-même (se changer soi pour changer le monde), et il a aidé à rendre cela plus visible, plus compréhensible. Je vous avais dit que j'en ai fait un condensé, que je ne peux publier car je n'ai pas de droit d'auteur. Le livre lui-même est resté un bout de temps accessible dans sa totalité sur le site même de l'éditeur.
Je conseille vivement de se le procurer pour ceux qui sont intéressés par le sujet.
J'ai à présent écrit un résumé du bouquin, nettement plus cours que le condensé(cependant le bouquin n'est déjà pas très long, à peine 125 petites pages). Il est probable que j'ai fait un peu déteindre de moi-même là-dedans, mais j'ai tout de même tenté de rester le plus fidèle possible au bouquin. Je vous le livre ici en espérant qu'il fera sur vous le même effet que le livre a fait sur moi.
Il est possible que la chronologie des paragraphes soit mal choisie, ou que certaines idées ne soient pas exprimées de façon très claire (j'ai fait pour le mieux, mais j'ai dû sérieusement me gratter les méninges pour rendre ça hyper condensé et en même temps intelligible). Si vous estimez que quelque chose n'est pas clair, mal formulé, mal agencé, faites-le moi savoir.
Bonne lecture.
********************
Résumé
Si la mondialisation capitaliste enrichit quelques-uns, elle appauvrit la majorité, tout en mettant à mal la vie sur la planète, tant matériellement que spirituellement. Seul le profit compte, et tout qui osera se démarquer de ce leitmotiv sera considéré comme manquant forcément d'objectivité et comme rétrograde.
Actuellement, la commercialisation à tout crin, portée à un niveau mondial, est en train de déteindre sur tous nos comportements et cela à tous les niveaux de la société. Au point que le travail social, l'engagement politique, l'éducation, la culture, par exemples, finissent tous par faire appel à des techniques de marketing, dans leurs méthodes de travail, et tout le monde semble trouver cela "normal", ou du moins acceptable.
Accardo parle d'un "véritable travail de domestication, ayant pour effet de faire habiter le système par sa population, et la population par le système."
Or "quand le pouvoir change de mains, il ne change pas forcément de logique", dit Accardo. Quels que soient les dirigeants politiques, ils poursuivent tous, à peu de chose près le même objectif, faire tourner la machine en perpétuant la même logique pourtant caduque. Et le fonctionnement démocratique s'apparente à une mascarade qui empêche de laisser voir les bases inadéquates sur lesquelles est fondé le système capitaliste.
Les critiques émises envers les personnages politiques, tant de droite que de gauche (les politiciens de gauche pratiquant une politique de droite légèrement modérée) montrent en fait l'incapacité, chez ceux qui les expriment, de voir en soi-même les travers qu'ils fustigent chez leurs représentants, ou à l'inverse de voir la ressemblance entre les représentants et soi-même. De la sorte, les vrais débats ne voient pas le jour.
Et les porteurs d'initiatives qui se présentent comme luttant "contre" le système, n'ont bien souvent pas conscience, que faut d'être sortis eux-mêmes des modes de fonctionnement qu'ils dénoncent, leur action ne font que permettre au système de s'adapter à une opposition qui lui est interne, sans réellement mener un changement de fond.
Accardo donne aussi en exemple l'attitude de la plupart des cadres, (excluant la minorité qui perpètre volontairement l'exploitation et les injustices dans le but du pouvoir et du profit). Les autres cadres, majoritaires, croient en toute bonne foi aux bienfaits du système, et excusent ses dérives comme des accidents ponctuels. Ce qui vaut pour les cadres, concerne également les enseignants, journalistes, travailleurs sociaux, etc. Et cet effet est d'autant plus pervers que cette aliénation s'accompagne le plus souvent d'un esprit critique qui fait croire à une pseudo-objectivité du regard sur la réalité. Cet état d'esprit aide à participer activement au système en croyant le combattre ou y échapper.
Nous obéissons tous, à titre individuel, à des ordres non explicites. Ils sont pourtant bel et bien véhiculés, mais non-dits. Et nous nous en imprégnons via l'éducation, les médias et le système politique.
Nourrir sa colère et s'opposer au système ne fait probablement pas partie de la solution. Et à ce titre les actions de lutte altermondialiste, telles qu'on les connaît, ne sont pas forcément en adéquation avec le problème posé. On y met beaucoup de temps et d'énergie pour parvenir finalement à peu de résultats.
Et si le système est "capable d'intégrer à ses stratégies de domination les critiques qui lui sont adressées". Il est aussi capable "d'extorquer à ses victimes leur consentement, en échange de certaines satisfactions au plan du confort matériel et de l'espérance de réussite sociale". Et cette adhésion vise principalement les classes moyennes qui composent la population majoritaire en Occident. Elle est plus implicite que volontaire, permise par le non-dit, le conditionnement, l'automatisme, l'habitude. Et en cela chacun participe, sans en avoir l'intention, par obéissance aveugle, à une mécanique dont il ne perçoit que la partie positive du fonctionnement.
Et dans ce cadre, vanter tous les travers du libéralisme c'est soit mentir, soit être victime d'endoctrinement, et souvent nous ne sommes ni tout à fait menteurs, ni tout à fait manipulés. Disons que tout ça nous arrange bien. Il s'agit d'une forme de 'complaisance' envers le système, qui consiste à lui obéir objectivement en se donnant subjectivement des raisons socialement honorables de le faire, ou de ne pas s'en apercevoir, sans qu'on puisse pour autant parler d'hypocrisie, puisque on est le premier à vouloir croire aux bonnes raisons qu'on se donne.
C'est donc parce que chacun adhère au système dans la pratique, sans vraiment en être conscient que celui-ci se maintient de manière solide et durable. Ce n'est pas vraiment volontaire, mais il n'y a pas de réelle résistance pour autant. Pour remettre en cause le système il est donc nécessaire d'aller au-delà d'une critique externe, à un niveau politique et économique. En se limitant à une critique externe on risque bien plus de soutenir ce que l'on cherche à voir disparaître.
Si la richesse est tant convoitée, ce n'est pas tant par cupidité que par recherche de statut, de reconnaissance, de pouvoir ou encore de sécurité. La recherche du profit n'est pourtant pas une valeur éducative avouée, cependant, elle est le moteur dans la course à la réussite, qui reste un des fondements de la société occidentale.
Le système maintient l'humain dans des comportements adolescents, où "l'avoir" prévaut sur "l'être" et "le faire", et où le rapport de force est le principal mode de relation.
Et comme nous ne sommes pas tous égaux devant l'éducation, ce sont ceux qui passent le plus de temps en milieux scolaire et universitaires qui seront le moins à même de remettre en question ces conditionnements, au point de se considérer supérieurs à ceux qui en ont été moins marqués. Accardo cite à ce titre "une forme de racisme de l'intelligence".
Il s'avère impossible de trouver des solutions valables si le problème n'est pas posé correctement. Nous ne pourrons opérer des changements efficaces dans la société, tant que nous prendrons comme référence objective notre regard subjectif sur la société et sur nous-mêmes. Faute de réelles prises de consciences, on persistera à changer les apparences tout en persévérant à soutenir le fond.
Pour poser correctement le problème et y trouver de réelles solutions, nous devons développer nos capacités à nous libérer des lunettes qui nous aveuglent face à la réalité.
Et la difficulté de s'en libérer vient du fait que nous avons intériorisé, intégré, assimilé la logique du système, au point qu'elle fait partie de nous-mêmes. Notre mode de fonctionnement individuel, notre mode de pensée, sont en parfaite adéquation avec cette logique, ce qui nous rend invisible le fond même du problème. Et même quand nous dénonçons les normes de fonctionnement du système à un niveau global, nous continuons, à un niveau individuel, à les garder comme références. Notre structure psychique se construit à partir de ces normes. Il est donc impossible de changer les normes à l'extérieur de nous, tant qu'elles restent intégrées à l'intérieur de nous. Car c'est cette intégration qui permet une "adhésion subjective" (donc inconsciente) au système, sous forme de comportements automatiques, d'inclinations spontanées, de valeurs personnelles apprises. De la sorte, nous parviendrons toujours à justifier cette logique par des arguments biens fournis, issus eux-même de notre identification au mode de pensée dominant.
Accardo propose de se poser, sans culpabiliser, la question suivante : "Qu'est-ce qui en moi a déjà été 'acheté', approprié par le système, et fait de moi un complice qui s'ignore?"
Les réponses mèneront nos choix vers un retour à des valeurs liées à la conscience, au coeur et à la rationnalité, et remplaceront les pseudo-valeurs basées sur le principe du plaisir.
Il s'agit de faire renaître l'humain en nous. Car derrière la liberté de "faire ce qui nous plaît", se cache un emprisonnement de la pensée, de la conscience, et de toutes nos valeurs morales : ce qui rend presque infaillible notre obéissance au système.
Les changements dans la société ne pourront se passer de changements dans les moeurs. Et ces changements-là ne peuvent s'opérer qu'à un niveau individuel et ne pourront être imposés de l'extérieur. Ces changements ne seront pas de l'ordre de l'ascèse, mais d'une arrêt de notre complaisance envers le système.
"Changer le monde ce n'est pas seulement changer ce qui est autour de nous, mais aussi nous changer nous-mêmes."
Si l'on comprend que le système nous manipule, et donc que le succès de son action sur nous est lié à son mode de fonctionnement sournois (dont nous n'avons pas conscience), il apparaît alors que pour s'en libérer, il faudra mettre en lumière chacun de ses effets sur nous. Car une manipulation devenue visible n'opère plus. Cela ne se fera pas sans effort, mais le jeu en vaut la chandelle. Il s'agit d'un travail au quotidien, un affranchissement de notre "servitude involontaire", et sans elle, toute lutte politique, toute recherche de changement à un niveau global, ne pourra aboutir.
Ce livre a été pour moi une sorte de révélation. Il a mis les mots sur quelque chose que je commençais à comprendre par moi-même (se changer soi pour changer le monde), et il a aidé à rendre cela plus visible, plus compréhensible. Je vous avais dit que j'en ai fait un condensé, que je ne peux publier car je n'ai pas de droit d'auteur. Le livre lui-même est resté un bout de temps accessible dans sa totalité sur le site même de l'éditeur.
Je conseille vivement de se le procurer pour ceux qui sont intéressés par le sujet.
J'ai à présent écrit un résumé du bouquin, nettement plus cours que le condensé(cependant le bouquin n'est déjà pas très long, à peine 125 petites pages). Il est probable que j'ai fait un peu déteindre de moi-même là-dedans, mais j'ai tout de même tenté de rester le plus fidèle possible au bouquin. Je vous le livre ici en espérant qu'il fera sur vous le même effet que le livre a fait sur moi.
Il est possible que la chronologie des paragraphes soit mal choisie, ou que certaines idées ne soient pas exprimées de façon très claire (j'ai fait pour le mieux, mais j'ai dû sérieusement me gratter les méninges pour rendre ça hyper condensé et en même temps intelligible). Si vous estimez que quelque chose n'est pas clair, mal formulé, mal agencé, faites-le moi savoir.
Bonne lecture.
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DE NOTRE SERVITUDE INVOLONTAIRE
Alain Accardo - Editions Agone
Alain Accardo - Editions Agone
Résumé
Si la mondialisation capitaliste enrichit quelques-uns, elle appauvrit la majorité, tout en mettant à mal la vie sur la planète, tant matériellement que spirituellement. Seul le profit compte, et tout qui osera se démarquer de ce leitmotiv sera considéré comme manquant forcément d'objectivité et comme rétrograde.
Actuellement, la commercialisation à tout crin, portée à un niveau mondial, est en train de déteindre sur tous nos comportements et cela à tous les niveaux de la société. Au point que le travail social, l'engagement politique, l'éducation, la culture, par exemples, finissent tous par faire appel à des techniques de marketing, dans leurs méthodes de travail, et tout le monde semble trouver cela "normal", ou du moins acceptable.
Accardo parle d'un "véritable travail de domestication, ayant pour effet de faire habiter le système par sa population, et la population par le système."
Or "quand le pouvoir change de mains, il ne change pas forcément de logique", dit Accardo. Quels que soient les dirigeants politiques, ils poursuivent tous, à peu de chose près le même objectif, faire tourner la machine en perpétuant la même logique pourtant caduque. Et le fonctionnement démocratique s'apparente à une mascarade qui empêche de laisser voir les bases inadéquates sur lesquelles est fondé le système capitaliste.
Les critiques émises envers les personnages politiques, tant de droite que de gauche (les politiciens de gauche pratiquant une politique de droite légèrement modérée) montrent en fait l'incapacité, chez ceux qui les expriment, de voir en soi-même les travers qu'ils fustigent chez leurs représentants, ou à l'inverse de voir la ressemblance entre les représentants et soi-même. De la sorte, les vrais débats ne voient pas le jour.
Et les porteurs d'initiatives qui se présentent comme luttant "contre" le système, n'ont bien souvent pas conscience, que faut d'être sortis eux-mêmes des modes de fonctionnement qu'ils dénoncent, leur action ne font que permettre au système de s'adapter à une opposition qui lui est interne, sans réellement mener un changement de fond.
Accardo donne aussi en exemple l'attitude de la plupart des cadres, (excluant la minorité qui perpètre volontairement l'exploitation et les injustices dans le but du pouvoir et du profit). Les autres cadres, majoritaires, croient en toute bonne foi aux bienfaits du système, et excusent ses dérives comme des accidents ponctuels. Ce qui vaut pour les cadres, concerne également les enseignants, journalistes, travailleurs sociaux, etc. Et cet effet est d'autant plus pervers que cette aliénation s'accompagne le plus souvent d'un esprit critique qui fait croire à une pseudo-objectivité du regard sur la réalité. Cet état d'esprit aide à participer activement au système en croyant le combattre ou y échapper.
Nous obéissons tous, à titre individuel, à des ordres non explicites. Ils sont pourtant bel et bien véhiculés, mais non-dits. Et nous nous en imprégnons via l'éducation, les médias et le système politique.
Nourrir sa colère et s'opposer au système ne fait probablement pas partie de la solution. Et à ce titre les actions de lutte altermondialiste, telles qu'on les connaît, ne sont pas forcément en adéquation avec le problème posé. On y met beaucoup de temps et d'énergie pour parvenir finalement à peu de résultats.
Et si le système est "capable d'intégrer à ses stratégies de domination les critiques qui lui sont adressées". Il est aussi capable "d'extorquer à ses victimes leur consentement, en échange de certaines satisfactions au plan du confort matériel et de l'espérance de réussite sociale". Et cette adhésion vise principalement les classes moyennes qui composent la population majoritaire en Occident. Elle est plus implicite que volontaire, permise par le non-dit, le conditionnement, l'automatisme, l'habitude. Et en cela chacun participe, sans en avoir l'intention, par obéissance aveugle, à une mécanique dont il ne perçoit que la partie positive du fonctionnement.
Et dans ce cadre, vanter tous les travers du libéralisme c'est soit mentir, soit être victime d'endoctrinement, et souvent nous ne sommes ni tout à fait menteurs, ni tout à fait manipulés. Disons que tout ça nous arrange bien. Il s'agit d'une forme de 'complaisance' envers le système, qui consiste à lui obéir objectivement en se donnant subjectivement des raisons socialement honorables de le faire, ou de ne pas s'en apercevoir, sans qu'on puisse pour autant parler d'hypocrisie, puisque on est le premier à vouloir croire aux bonnes raisons qu'on se donne.
C'est donc parce que chacun adhère au système dans la pratique, sans vraiment en être conscient que celui-ci se maintient de manière solide et durable. Ce n'est pas vraiment volontaire, mais il n'y a pas de réelle résistance pour autant. Pour remettre en cause le système il est donc nécessaire d'aller au-delà d'une critique externe, à un niveau politique et économique. En se limitant à une critique externe on risque bien plus de soutenir ce que l'on cherche à voir disparaître.
Si la richesse est tant convoitée, ce n'est pas tant par cupidité que par recherche de statut, de reconnaissance, de pouvoir ou encore de sécurité. La recherche du profit n'est pourtant pas une valeur éducative avouée, cependant, elle est le moteur dans la course à la réussite, qui reste un des fondements de la société occidentale.
Le système maintient l'humain dans des comportements adolescents, où "l'avoir" prévaut sur "l'être" et "le faire", et où le rapport de force est le principal mode de relation.
Et comme nous ne sommes pas tous égaux devant l'éducation, ce sont ceux qui passent le plus de temps en milieux scolaire et universitaires qui seront le moins à même de remettre en question ces conditionnements, au point de se considérer supérieurs à ceux qui en ont été moins marqués. Accardo cite à ce titre "une forme de racisme de l'intelligence".
Il s'avère impossible de trouver des solutions valables si le problème n'est pas posé correctement. Nous ne pourrons opérer des changements efficaces dans la société, tant que nous prendrons comme référence objective notre regard subjectif sur la société et sur nous-mêmes. Faute de réelles prises de consciences, on persistera à changer les apparences tout en persévérant à soutenir le fond.
Pour poser correctement le problème et y trouver de réelles solutions, nous devons développer nos capacités à nous libérer des lunettes qui nous aveuglent face à la réalité.
Et la difficulté de s'en libérer vient du fait que nous avons intériorisé, intégré, assimilé la logique du système, au point qu'elle fait partie de nous-mêmes. Notre mode de fonctionnement individuel, notre mode de pensée, sont en parfaite adéquation avec cette logique, ce qui nous rend invisible le fond même du problème. Et même quand nous dénonçons les normes de fonctionnement du système à un niveau global, nous continuons, à un niveau individuel, à les garder comme références. Notre structure psychique se construit à partir de ces normes. Il est donc impossible de changer les normes à l'extérieur de nous, tant qu'elles restent intégrées à l'intérieur de nous. Car c'est cette intégration qui permet une "adhésion subjective" (donc inconsciente) au système, sous forme de comportements automatiques, d'inclinations spontanées, de valeurs personnelles apprises. De la sorte, nous parviendrons toujours à justifier cette logique par des arguments biens fournis, issus eux-même de notre identification au mode de pensée dominant.
Accardo propose de se poser, sans culpabiliser, la question suivante : "Qu'est-ce qui en moi a déjà été 'acheté', approprié par le système, et fait de moi un complice qui s'ignore?"
Les réponses mèneront nos choix vers un retour à des valeurs liées à la conscience, au coeur et à la rationnalité, et remplaceront les pseudo-valeurs basées sur le principe du plaisir.
Il s'agit de faire renaître l'humain en nous. Car derrière la liberté de "faire ce qui nous plaît", se cache un emprisonnement de la pensée, de la conscience, et de toutes nos valeurs morales : ce qui rend presque infaillible notre obéissance au système.
Les changements dans la société ne pourront se passer de changements dans les moeurs. Et ces changements-là ne peuvent s'opérer qu'à un niveau individuel et ne pourront être imposés de l'extérieur. Ces changements ne seront pas de l'ordre de l'ascèse, mais d'une arrêt de notre complaisance envers le système.
"Changer le monde ce n'est pas seulement changer ce qui est autour de nous, mais aussi nous changer nous-mêmes."
Si l'on comprend que le système nous manipule, et donc que le succès de son action sur nous est lié à son mode de fonctionnement sournois (dont nous n'avons pas conscience), il apparaît alors que pour s'en libérer, il faudra mettre en lumière chacun de ses effets sur nous. Car une manipulation devenue visible n'opère plus. Cela ne se fera pas sans effort, mais le jeu en vaut la chandelle. Il s'agit d'un travail au quotidien, un affranchissement de notre "servitude involontaire", et sans elle, toute lutte politique, toute recherche de changement à un niveau global, ne pourra aboutir.
Re: De notre servitude involontaire
merci callispera
je ne connaissais pas
évidemment, je suis d'accord.. je suis anti-institutionaliste depuis que j'ai l'âge de raison ...
MAIS... "le système " ça n'existe pas, et ça n'est pas si "involontaire" que ça non plus cette soit-disant manipulation...
il se fait des calculs subtils dans la tête des gens qui emttent en blance la peur de l'insécurité, la peur de la solitude, l peur des représailles, la peur du qu'en-dira-t-on etc... et qui acceptent de "travailler" pour le soi disant système...
Il faut aller encore plus loin que ce discours mintenant, car si les changements climatiques, et la détérioration de la société vont de plus en plus vite, les "adaptations mentales" des citoyens aussi...
qu'en dis-tu ? qu'en dites-vous ?
( et si tu as fini de lire mon essai, ou relire, tu sais pourquoi je dis ça ?...)
Bonne journée tout le monde....
loulie
je ne connaissais pas
évidemment, je suis d'accord.. je suis anti-institutionaliste depuis que j'ai l'âge de raison ...
MAIS... "le système " ça n'existe pas, et ça n'est pas si "involontaire" que ça non plus cette soit-disant manipulation...
il se fait des calculs subtils dans la tête des gens qui emttent en blance la peur de l'insécurité, la peur de la solitude, l peur des représailles, la peur du qu'en-dira-t-on etc... et qui acceptent de "travailler" pour le soi disant système...
Il faut aller encore plus loin que ce discours mintenant, car si les changements climatiques, et la détérioration de la société vont de plus en plus vite, les "adaptations mentales" des citoyens aussi...
qu'en dis-tu ? qu'en dites-vous ?
( et si tu as fini de lire mon essai, ou relire, tu sais pourquoi je dis ça ?...)
Bonne journée tout le monde....
loulie
Re: De notre servitude involontaire
loulie a écrit:merci callispera
je ne connaissais pas
évidemment, je suis d'accord.. je suis anti-institutionaliste depuis que j'ai l'âge de raison ...
MAIS... "le système " ça n'existe pas, et ça n'est pas si "involontaire" que ça non plus cette soit-disant manipulation...
Il n'y a peut-être pas qu'un système, mais la mentalité capitaliste représente tout de même une direction bien définie, et tout ce qui en dépend fait partie selon moi de ce qu'Accardo appelle "le système". Les gens, y compris ceux qui font de la simplicité volontaire - même si c'est peut-être dans une moindre mesure que les autres - sont conditionnés à fonctionner comme ils le font, et ce fonctionnement perpétue le système de société actuel. Tout cela se fait inconsciemment, ou semi-consciemment, et c'est la raison pour laquelle rien ne change. Quand on fait de la simplicité volontaire, on remet quelques uns des axiomes du système en question, et cela fait suivre des comportements alternatifs, mais personnellement, je suis loin de me croire "clean" par rapport à tout ce que j'ai emmagasiné sans m'en rendre compte pendant plus de 40 ans, et que je détricote depuis quelques années à peine.
il se fait des calculs subtils dans la tête des gens qui emttent en blance la peur de l'insécurité, la peur de la solitude, l peur des représailles, la peur du qu'en-dira-t-on etc... et qui acceptent de "travailler" pour le soi disant système...
Il faut aller encore plus loin que ce discours mintenant, car si les changements climatiques, et la détérioration de la société vont de plus en plus vite, les "adaptations mentales" des citoyens aussi...
En ce qui concerne l'intention derrière les manipulations qui opèrent sur nous, j'aurais tendance à penser comme Accardo : certains, très minoritaires sont très conscients de ce qu'ils font pour avoir du pouvoir, de l'argent et pour exploiter tout ce qui bouge, mais la plupart ne font que coopérer sans avoir la moindre idée des conséquences de ce qu'ils font. Accardo explique le cas des cadres, mais on pourraît citer les enseignants qui vont par exemple demander à leurs élèves de regarder le journal télé pour s'informer sur l'actualité. Or quoi de plus lavant du cerveau que les jt. Le prof le fait en toute bonne foi, croyant pouvoir éveiller l'esprit critique de ses élèves etc. Cependant la manipulation fait fi de l'esprit critique puisque elle opère inconsciemment. La plupart des nouvelles mensongères ou déformées ne peuvent nous apparaître que si on a accès à l'information correcte. Si nous n'y avons pas accès, en général rien ne peut nous permettre d'éveiller nos soupçons pour ne pas le croire.
Il y a sans doute tous les intermédiaires possibles dans ces mentaliés entre exploitant pur et exécutant aveugle. Certains vont justifier certaines inégalités entre groupes de population selon le niveau d'étude, l'origine nationale, culturelle ou raciale, l'âge, un certain statut etc. Mais ces manières de considérer les choses sont à leurs yeux tout à fait cohérentes et très humaines (un peu comme certains propriétaires d'esclaves qui se voulaient très humains sans remettre en question l'idée même de l'esclavagisme). Ils agissent en toute bonne conscience, sans mauvaise foi ou mauvaise intention, pour le bien de tous (selon leurs préjugés).
Et donc, le travail à faire est bien plus de travailler sur les préjugés que sur les règles que ces préjugés permettent de considérer comme acceptables.
Et selon moi, nous ne pouvons avoir un impact sur les préjugés des autres, que si nous avons fait un sérieux nettoyage au niveau des nôtres. Et à ce niveau, il y a déjà un paquet de travail à faire. Car plus on y travaille, plus on se rend compte de la masse qui reste, et qui est énorme. Les gens qui ont entamé ce chemin ne me contrediront pas. J'ai rencontré des gens qui m'ont dit : ah, ben moi c'est fait, j'ai fait le nettoyage, il faut donc aller aider les autres à faire ce boulot. J'étais interloquée la première fois, mais j'ai bien vite compris qu'il s'agissait de gens qui n'avaient pas commencé du tout à se remettre en question. Car ce n'est pas acheter bio ou se déplacer sans voiture qui consiste en une remise en question. Ce sont plutôt ces changements de comportement qui peuvent (pas toujours apparemment) aider à entamer les remises en question.






