Eviter la pub sans "s'opposer"

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Re: Eviter la pub sans "s'opposer"

Message par Eeunded le Sam 10 Nov - 8:31

jackihi a écrit:Mais se libérer de cela c'est retrouver une liberté et une force de contestation qui parfois me fait encore peur et dont je ne sais pas toujours quoi faire...


Je comprends tes propos pour les avoir vécu. Il arrive qu'en famille, on discute sur tel ou tel produit. On entend alors les slogans publicitaires fuser et les "tu as vu la télé, ça a l'air vraiment génial!"... Face à ça, je ressens à la fois une sorte de colère contre les publicitaires, cette liberté de contestation dont tu parles, parce que, une fois sorti de la planète mass-médias et de son anneau publicitaire, on devient plus critique.

Alors je ne dis rien : Quoi répondre? sans s'opposer...

Eeunded

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Re: Eviter la pub sans "s'opposer"

Message par calispera le Sam 10 Nov - 15:31

Comme l'introduit Eeunded, je pense que la vraie liberté de penser ne s'inscrit justement pas dans la contestation. Car contester c'est encore garder comme référence ce à quoi on s'oppose. La vraie liberté prend ses références ailleurs, et c'est ça justement qui est génial. Tant qu'on conteste, c'est qu'on est encore emprisonné. Et je ne dis pas cela d'une certaine hauteur, car je suis quelqu'un de très contestataire (il suffit de lire le début de l'échange), mais il est vrai qu'à présent il m'arrive de pouvoir sortir en pensée des sentiers battus, sans devoir pour autant m'opposer. Je comprends d'une certaine manière le processus, à partir d'un réel vécu, sans pour autant m'y inscrire pleinement.

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Re: Eviter la pub sans "s'opposer"

Message par calispera le Dim 11 Nov - 17:43

Bonjour Jacki,

C'est drôle mas la plupart des gens se croient suffisamment fort pour ne pas se laisser influencer par la publicité. Ils pensent que se ne sont que les gens "faibles" qui sont influencé par elle. Ils ne se rendent même pas compte à quel point ça les touche de manière inconsciente et que certains choix de vie et certaines pensées sont du à cette influence.


En fait, parfois je me demande si ce ne sont pas les gens qui se croient les plus protégés par la pub qui sont le plus influencés par elle, mais indirectement alors.
Si la copine qui a marché à la pub nous conseille telle marque de café, ou de sous-vêtement, et que nous suivons son conseil, peut-on considérer dans ce cas qu'on n'est pas influencé par la pub? Et si telle marque introduit un nouveau modèle de chaussures par la publicité, et que nous achetons ce modèle un peu plus tard chez la marque concurrente, est-on ou non influencé par la pub?
Plus ça va, plus je pense que quand nous sommes critiques face à tant de choses qui déconnent dans la société, ça pourraît vouloir dire qu'on a découvert la partie émergée de l'iceberg et que donc tout en étant critique pour certaines choses, nous restons encore très influencés pour la plupart des autres. Ca renvoie bien sûr au concept du bouquin de Alain Accardo dont j'avais mis le résumé sur le forum. Je suis intimement convaincue de ce fait à propos de la télévision. Se croire critique face à elle est le meilleur moyen de s'y faire piéger. Et quand on prend conscience de cela, le meilleur moyen c'est de l'éteindre définitivement. Et bien entendu : seuls ceux qui ont fait ce pas, sont en général d'accord avec ce point de vue Wink mais ils le sont tous.

Pareil d'ailleurs pour la presse féminine...J'ai été longtemps une grande lectrice de ce genre de presse et c'est maintenant que je n'en consomme plus depuis un certain temps que je me rends compte de l'effet désastreux sur notre vision du monde.


J'avoue que je n'ai presque jamais acheté cette presse. La supercherie me paressait flagrante dans ce domaine plus que dans d'autres. J'avais eu sous les yeux durant toute mon enfance celle que lisait ma mère, et une fois adulte, j'avais une sorte d'allergie. Certains articles un peu people m'accrochaient (j'adore encore Paris-Match et consort, mais uniquement dans les salles d'attente Wink), mais les conseils pour se maquiller, embobiner son conjoint, suivre la mode, faire des petits plats comme il se doit, répondre aux canons de je ne sais qui, ça m'a toujours gonflée. Faut dire qu'en détestant : ménage, couture, cuisine, maquillage, et mode féminine apprêtée; ça ne pouvait pas trop m'accrocher. De plus, le ton utilisé me donne l'impression que l'on parle à des enfants, qu'on prend les femmes comme des êtres sous-développés. Et le fait que cette presse, sous prétexte d'être féminine, ne parlait jamais de sujets qui m'intéressent (ou alors en tout tout petit) m'a confirmée dans mon opinion (comme si les femmes n'étaient capables de s'intéresser qu'aux problèmes domestiques, à la coquetterie et à l'éducation – un peu le pendant du foot, de l'informatique et des voitures pour les hommes : réducteur).

J'ai découvert depuis, que la féminité se trouvait dans d'autres domaines que ceux qui sont assignés en général à la femme.

Jusqu'à nous faire croire qu'une femme non maquillée est une femme mal dans sa peau, qui ne se soigne pas...


Ben récemment, je me faisais encore la réflexion. Quand je regarde les doigts => les ongles, des femmes, dans le métro, je suis surprise de voir tout le soin qu'elles y portent, en toute grande majorité. Cela rend bien en effet. Et les miens sont loins d'y ressembler, car, à part les couper et les nettoyer un brin, je ne soigne rien d'autre. Mais en y réfléchissant, ça veut dire que toutes ces femmes y consacrent un certain temps, un temps certain. Et là, je tombe des nues. Je ne connais personne qui soit épargné par le manque de temps. Et donc, se soigner les ongles fait donc partie des priorités de la plupart des femmes (de presque aucun homme). Je trouve ça effarant.
Pourtant, je suis consciente de ne pas être cohérente jusqu'au bout dans mon raisonnement, puisque je passe encore 2-3 minutes chaque jour à me mettre du noir sous les yeux – c'est exactement pareil, dans un registre pas si éloigné. J'explique cela, non seulement pour nuancer, mais également pour indiquer que ce ne sont pas les femmes en question que je mets en question, mais les modes de fonctionnement dans lesquels « on » a réussi à tous nous emprisonner. « on » = la pub, la télé, une certaine culture primitive, les modes, etc., en gros : les mass medias surtout.

J'hallucine et pourtant...beaucoup de femme sont enfermées dans ce moule...On peut vraiment parler d'aliènation...


Ma version c'est que nous sommes toutes et tous enfermés dans ce moule, juste, en simplicité volontaire, nous avons retiré (ou tentons de retirer) les couches superficielles de l'oignon. Et plus on retire de couches, plus on prend conscience qu'on n'est qu'au commencement d'un processus. Et je pense qu'il est bien plus difficile d'effeuiller l'oignon quand on reste sous l'influence des mass-medias.

Mais se libérer de cela c'est retrouver une liberté et une force de contestation qui parfois me fait encore peur et dont je ne sais pas toujours quoi faire...


Comme je l'ai déjà dit plus haut dans l'échange, la liberté, c'est celle de pouvoir choisir l'alternative. La contestation peut mener à terme à découvrir que nous avons ce choix, mais parfois on reste bloqué au niveau contestation, et on s'y perd.

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Re: Eviter la pub sans "s'opposer"

Message par jackihi le Jeu 15 Nov - 23:12

C'est très dense ce que tu écrits là Claire!!! Je ne suis pas sûre d'avoir compris toute les subtilités. Mais je ferai un rapprochement avec l'éducation. Quand un jeune se construit en opposition au modèle parental, il se construit encore "par rapport" à ce modèle...il n'a pas encore acquis simplement la liberté d'être différent, d'être lui-même (c'est à ce moment que son action devient puissante)...Bon c'est une étape normale dans le processus "d'identification", le fait de se mettre "en opposition", enfin, je crois...

Bon, je pense qu'être totalement épuré des influences extérieures n'est sans doute pas possible...Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas essayer peu à peu de déconstruire certaines choses...C'est un processus, un cheminement...On peut accepter également de garder certaine valeurs qui nous ont été inculquées et qu'on perçoit comme juste...Et épurer les choses autour de ces valeurs là (par exemple des valeurs comme la solidarité, l'amour qui sont pour moi essentielles. Mais qu'est ce que c'est "être solidaire", qu'est ce que c'est "aimer")

Alors pour ce qui est des influences (entre autre) je dois dire, comme maman j'ai du mal par rapport à tout ça....J'ai encore difficile à me construire une identité positive de maman en dehors de ces carcans qui sont véhiculé par la publicité et mon entourage. Je n'arrive pas encore à percevoir clairement ce qui est vraiment important de ce qui est purement logique consommative et capitaliste...De plus il y a toujours cette crainte stupide que mes enfants soient "en manque" par les choix que je fais et me le reprochent...C'est une position assez délicate...qui s'en doute s'apaisera quand je cesserai d'être craintive et assumerai en toute simplicité, ce que je fais...

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Re: Eviter la pub sans "s'opposer"

Message par Aspiral le Lun 4 Fév - 8:09

Nouvel arrivé, je rebondis sur la question, qui semble s'être épuisée depuis le 15 novembre: "sans s'opposer"... ? La non violence que je prône n'a rien à voir avec le pacifisme. Pour moi, la publicité, ce n'est pas autre chose que la propaganda du système consommateur, le diable à l'œuvre. Regardez ce qui faisait scandale il y a 20 ans, c'est devenu banal. Peu importe les produits, c'est d'abord un instrument de laminage mental, d'épuisement de la volonté par usure, par répétition de bêtises qui finissent pas devenir vraies, par habituation collective. Mais cela ne s'arrête pas là: pour moi, le marketing politique est aussi de la publicité: le politiquement correct, c'est de la censure injectée dans nos croyances. Et que penser du délire sur l'amour et sur la liberté qui se répand dans chaque film, chaque série, chaque émission où l'on vous fait rire ou pleurer avec des trucs qui ne servent que l'audimat. Seul, je ne crois pas que je puisse y résister. Même si je pratique la simplicité volontaire depuis bien avant que je ne connaisse ce forum, je suis bien obligé de constater que je me réjouis quand une machine tombe définitivement en panne, alors que mes proches se moquent souvent de mes réparations, forcenées parfois, pour faire durer: c'est un plaisir d'acheter. D'où vient ce "plaisir" si éphémère? Mais je me réjouis aussi quand j'apprends qu'il y a des commandos qui détruisent les panneaux publicitaires. Je pense qu'on ne pouvait pas décider de ne pas faire la guerre sous prétexte qu'on est pour la paix, quand les allemands nous ont envahis. La publicité nous a envahi. La question est seulement pour moi de savoir comment mener une guerre "non violente" contre la publicité. Je ne crois qu'à un regroupement d'une masse suffisante qui refuserait de consommer tel ou tel produit, pour signifier nos limites. En dehors de cela, ce sera pour vous comme pour moi dans la limite du possible.

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Re: Eviter la pub sans "s'opposer"

Message par calispera le Lun 4 Fév - 13:57

Bonjour Aspiral,

Disons qu'il y a plusieurs définition de la non-violence. Celle que je prône dès le début de cet échange, et dans d'autres aussi, consiste à ne pas s'opposer. Nous avons eu à se sujet un échange, sur base d'un article sur cette question.
Il se trouve à cette adresse :
http://simplicitevolontaire.bbfr.net/le-bar-f7/comprendre-un-comportement-d-opposition-t382.htm
Une non-violence qui détruit, agresse, sabote etc. est à mes yeux pleine de violence, mais je sais que la majorité des gens ne pensent pas ainsi.

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Re: Eviter la pub sans "s'opposer"

Message par Aspiral le Lun 4 Fév - 20:08

Bonsoir Calispera,

c'est toujours un peu difficile de prendre un train en marche. Je vois qu'il y a déjà eu pas mal de réflexions sur le sujet de la lutte. Lutter "contre" est effectivement souvent être une guerre en retard ou faire la chasse aux symptômes, comme on chasserait la fumée d'un feu avec un ventilateur au lieu de mettre de l'eau dessus. Mais quand il y a déjà le feu... il faut lutter contre même si en passant on mouille les meubles. Je ne crois pas que les commandos anti-publicitaires font mieux que les actions de José Bové. Ce n'est pas à généraliser car dans une société de consommation, casser augmente la consommation. Mais ce sont quand-même des actions symboliques courageuses. Attaquer les motivations psychologiques des lutteurs est pour moi toujours spécieux car je ne crois pas qu'il y ait un seul être humain qui puisse n'avoir que des motivations nobles. On ne peut être sensible qu'à ce à quoi on a été sensibilisé par sa propre histoire. Une partie des motivations de chacun est toujours un besoin de défoulement du refoulé. Ca ne me dérange pas qu'un pompier ait des tendances pyromaniaques ou qu'un chirurgien ait des tendances sadiques. Lutter "pour" est en général mieux, plus constructif, sauf quand il y a le feu. Ici je parlais de refus de collaborer, comme le proposait Gandhi lui-même pour l'occident face à l'invasion allemande. Il disait bien sûr que cela aurait sans doute produit autant de morts que la guerre, mais que ces morts auraient la marque de la vertu et aussi la particularité d'être disséminés dans toutes les couches de la population, ce qui n'aurait pas déséquilibré la pyramide des âges. Le monde appartient déjà à des gens prêts à tout pour sauver leur business. Refuser de collaborer est un acte à risque personnel énorme. Seul ou en petit groupe, on appellera cela du suicide, ou de la bêtise. Le courage ici est de se solidariser en nombre suffisant pour influencer sur les marges bénéficiaires de ceux qui ne font pas du commerce en respectant la dignité humaine. La seule chose qui vaille la peine de vivre est celle pour laquelle on est prêt à mourir, disait Antoine de Saint Exupery.

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Re: Eviter la pub sans "s'opposer"

Message par calispera le Lun 4 Fév - 21:48

La simplicité volontaire est une forme de refus de collaborer. On peut le voir ainsi. Et on peut la vivre seul(e) sans que cela soit du suicide ou de la bêtise Wink Même qu'en la vivant seule on influence plus les gens autour de soi qu'en se regroupant, car alors le groupe risque fort de se marginaliser de la société, et de n'influencer personne.

Chercher à être nombreux pour influencer, c'est chercher à rester dans le rapport de force. La non-violence (celle plus radicale dont j'ai parlé plus haut), quitte le rapport de force.

Et bien sûr, quand ya l'feu, dans l'urgence, la non-violence n'est pas forcément la solution, mais la violence, pas forcément non plus.

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Re: Eviter la pub sans "s'opposer"

Message par Espérance le Lun 4 Fév - 23:07

Le changement commence par soi-même. J’imagine bien que ceux et celles qui prennent la parole sur ce site ont mis au point des méthodes pour échapper (en partie) à la pub et ne pas être trop influencés par elle (parce que, quoi qu’on en dise, nous sommes tous influencés par la pub car elle dirige le monde entier). Je suis d’accord avec le fait que « s’opposer » n’apporte pas de solution. Mais ça me gêne de penser que l’on puisse se contenter de résister chacun dans son coin, éventuellement en espérant que notre mode de vie va influencer d’autres personnes. Personnellement, je vois que ça ne marche pas. Je parle régulièrement autour de moi de la manipulation que la pub exerce sur nous, de la catastrophe de la surconsommation dans bien des domaines. Les personnes qui viennent chez moi voient que nous vivons assez simplement : pas de lave-vaisselle, sèche linge, TV, pas de game boy ni play station pour les enfants, nous prenons des repas simples, buvons l’eau du robinet, nous avons un autocollant « pas de pub » sur la boîte aux lettres... Comme me dit ma sœur « tu ne profites même pas des bons de réductions ! » puisque je ne reçois pas les pubs. Tout ça pour dire que même s’il y en a qui approuvent nos choix, et ils sont rares, nous n’influençons personne. Les gens ont toujours des tas d’arguments pour continuer à se laisser séduire par la pub et consommer sans réfléchir. C’est bien là que se trouve la force de la pub : elle aliène les gens en les tentant sans cesse, en leur promettant d’obtenir monts et merveilles.
Je ne peux pas accepter l’idée d’agir chacun dans son coin : pendant ce temps, la pub et la surconsommation continuent de ravager la planète, d’abrutir les gens. Je pense aussi aux générations qui nous suivent : nous avons chacun une lourde responsabilité envers ceux qui nous suivent. Quel monde allons-nous leur laisser ?
Selon moi, nous devons lutter contre la publicité et trouver un moyen de le faire. Si Gandhi prônait la non violence, il a mobilisé les foules dans son combat non violent.

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Re: Eviter la pub sans "s'opposer"

Message par Aspiral le Mar 5 Fév - 4:52

Comme je viens de le dire à propos des faire-part, la vie ne consiste pas seulement à se protéger derrière les palissades de son château-fort mais aussi se nourrir d'amitié et de solidarité. Pour cela il faut des portes à son château-fort. La force du monde publicitaire est d'isoler les gens pour les faire chercher dans la consommation ce qui leur manque "énergétiquement" par des erzatz qui ne tiennent jamais leurs promesses. Ils appellent cela la "déception post-achat" sur laquelle ils surfent pour insuffler d'autres désirs d'autres erzats... Lutter seul pour ou contre est pour moi vraiment se condamner à la mort lente. Je continue à penser qu'il faut qu'on se rassemble, même si je ne sais pas encore vraiment sur quel critère créer cet effet de seuil qui fédèrera les bonnes volontés disparates.

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Re: Eviter la pub sans "s'opposer"

Message par calispera le Mer 6 Fév - 0:07

Espérance,

Espérance a écrit:Le changement commence par soi-même.


Il me semble avoir déjà entendu ça quelque part Wink

Je suis d’accord avec le fait que « s’opposer » n’apporte pas de solution. Mais ça me gêne de penser que l’on puisse se contenter de résister chacun dans son coin, éventuellement en espérant que notre mode de vie va influencer d’autres personnes.


C'est peut-être un peu lourdingue, mais je vais me référer à trois textes extérieurs qui font que pour moi l'opposition est pire qu'agir seul-e dans son coin.

D'abord la légende du colibri (encore elle?!!! Wink - ben vi) :

La part du Colibri


Un immense incendie ravage la jungle.
Affolés, les animaux fuient en tous sens.
Seul un colibri, sans relâche, fait l’aller-retour de la rivière au brasier, une minuscule goutte d’eau dans son bec, pour l’y déposer sur le feu.
Un toucan à l’énorme bec l’interpelle : “tu es fou, colibri, tu vois bien que cela ne sert à rien”.
“Oui, je sais” réponds le colibri, “mais je fais ma part”…


Quelle que soit la taille du problème, des problèmes, nous avons le pouvoir, la responsabilité, d'agir à notre échelle. C'est selon moi la toute première chose à faire, quels que soient nos rêves d'être capable d'en faire beaucoup plus. Car sans avoir fait cela d'abord, nous ne serons pas en mesure, non seulement de faire plus, mais même de voir ce que nous pouvons faire en plus.

Ensuite, la théorie des champs morphiques, qui me donne beaucoup d'espoir. Elle consiste à proposer l'hypothèse que l'évolution de chacun, même sans aucun contact avec l'extérieur, aide à l'évolution de tous. Bien que ce ne soit pas encore quelque chose de prouvé, c'est quelque chose qui me paraît de plus en plus évident.

Et ensuite, je vais terminer par la citation que je trouvais bien gentille il n'y a pas si longtemps, mais qui prend de plus en plus de signification à mes yeux :
"Mon dieu, donne moi la sérénité d'accepter les choses que je ne puis changer, la force de changer celle que je peux et la sagesse d'en apprécier la différence"


Elle est souvent citée, et pourtant je n'en ai pas noté l'origine.

Et j'ajouterai à cela que dans ma vie, je me suis presque toujours opposée à plein de choses, tant à titre personnel, qu'au boulot, ou en tant que militante, jusqu'à il y a quelques années, et que j'ai rarement obtenu ce que je voulais de la sorte. Au contraire, je faisais plutôt souvent grossir le problème. Je sais donc - dans le sens que ma conviction est très profonde - que m'opposer, non seulement ne sert à rien, mais fait souvent empirer les choses, et au mieux, apporte une solution toute provisoire, voire un simulacre de solution, sans jamais faire disparaître le problème (un peu à l'image du mur qu'on construit entre Israël et la Palestine).

Une fois cet état de fait accepté, pour en revenir à la citation : mieux vaut passer à autre chose pour tenter de trouver des solutions, effectuer des changements.

Personnellement, je vois que ça ne marche pas. Je parle régulièrement autour de moi de la manipulation que la pub exerce sur nous, de la catastrophe de la surconsommation dans bien des domaines. Les personnes qui viennent chez moi voient que nous vivons assez simplement : pas de lave-vaisselle, sèche linge, TV, pas de game boy ni play station pour les enfants, nous prenons des repas simples, buvons l’eau du robinet, nous avons un autocollant « pas de pub » sur la boîte aux lettres... Comme me dit ma sœur « tu ne profites même pas des bons de réductions ! » puisque je ne reçois pas les pubs. Tout ça pour dire que même s’il y en a qui approuvent nos choix, et ils sont rares, nous n’influençons personne. Les gens ont toujours des tas d’arguments pour continuer à se laisser séduire par la pub et consommer sans réfléchir.


Ben je ne suis pas de ton avis. Moi j'influence les gens autour de moi. Pas toujours, et pas tous. Tout d'abord, il y a ceux qu'on ne peut pas influencer. Rien ne sert de montrer la lune du doigt à quelqu'un qui a un bandeau opaque devant les yeux, et dieu sait comme ils sont nombreux (les porteurs de bandeaux). Il vaut mieux attendre qu'un stimulus (probablement pas nous) leur donne l'idée de retirer le bandeau.
Et pour ceux qui n'ont pas de bandeau, on a intérêt à apprendre à bien montrer la lune, car certaines manières de lever le doigt, amènent les gens à regarder le bout de notre doigt, et à ne pas comprendre notre geste.
Pour moi, et je pense l'avoir déjà exprimé, le meilleur moyen est de témoigner. Les arguments ennuient, et les conseils irritent. Et dans certains cas, même le témoignage est de trop, l'exemple peut alors suffire.

Je ne peux pas accepter l’idée d’agir chacun dans son coin : pendant ce temps, la pub et la surconsommation continuent de ravager la planète, d’abrutir les gens. Je pense aussi aux générations qui nous suivent : nous avons chacun une lourde responsabilité envers ceux qui nous suivent. Quel monde allons-nous leur laisser ?
Selon moi, nous devons lutter contre la publicité et trouver un moyen de le faire.


Je pense tout simplement qu'il n'existe pas de moyen direct pour diminuer la présence de la publicité dans la société, excepté de s'en protéger soi-même. Et c'est peut-être cela qu'il faut apprendre à accepter. C'est mon point de vue, et je sais que très peu de gens le partagent. Mais il fait tout de même du chemin Wink

combat non violent.


Ca c'est un clin d'oeil pour Laure et moi : la langue française nous force à parler violent même pour parler de non-violence.

********************
Aspiral,
Aspiral a écrit:Lutter seul pour ou contre est pour moi vraiment se condamner à la mort lente.


Nous ne sommes pas si seuls que ça. Déjà en parler ici le prouve. Je suis peut-être très optimiste, mais je pense sincèrement que nous représentons une future lame de fond (le seuil sans doute?). Et si je me trompe, ça ne m'empêchera pas de continuer dans la même direction, colibri oblige. De plus, si je me trompe, et que j'abandonne, je ne pourrai que prouver que ne rien faire ne permet pas de changer les choses, pas l'inverse.

Je vais encore jouer aux citations, mais apparemment, j'ai peine à m'exprimer par moi-même aujourd'hui :

« Les arbres qui tombent font beaucoup de bruit, les forêts qui germent ne s'entendent pas. » Gandhi


Purée, et au moment où je la recopie, je me rends compte que c'est encore une de Gandhi. Décidément çuilà, il me lâche plus Wink

Je pense que de plus en plus d'arbres vont tomber et nous assourdir. Cependant je pense que pendant ce temps, la forêt est en train de se regénérer bien mieux qu'on ne l'imagine. Et si l'on tient compte de l'influence des champs morphiques, ainsi que de l'effet de seuil dont tu parles, il y a peut-être de bonnes raisons d'être optimistes.

Et d'une certaine manière. L'optimisme n'est qu'un choix, et c'est pourtant le seul choix qui permette d'arriver au but.

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Re: Eviter la pub sans "s'opposer"

Message par Aspiral le Mer 6 Fév - 7:19

Merci, Calispera, pour tout cela! Cela donne à réfléchir.
Optimiste, je ne sais plus être. Mais "bienveillant", je l'ai décidé. J'ai choisi de participer à la quête de la conscience, comme un colibri, moi aussi, qui fait sa part dans l'incendie. Mais incendie, il y a. Ce qui me permet de tenir est uniquement de penser à la chenille qui devient papillon. On a que l'impression de mourir. C'est toujours une naissance. Même si sans doute à l'échelle de temps de notre vie, nous ne participerons qu'à la mort de notre civilisation. L'espérance qu'elle devienne un beau papillon doit nous donner l'énergie de la mobilisation.


Sans tomber dans le complexe de Colomb, car ce ne sont que des options, des paris personnels, je crois à la nécessité collective de trouver comment recréer des liens dans le tissu social, pour deux raisons principales: d'abord il y a et il y aura toujours des forts et des faibles et aussi, si on met en perspective ce qui se passe, cela risque d'évoluer vers une violence arbitraire et anarchique. Je préfèrerais pour la bonne évolution des choses qu'il y ait deux camps.

Pour ta culture générale, la phrase :"Mon dieu, donne moi la sérénité d'accepter les choses que je ne puis changer, la force de changer celle que je peux et la sagesse d'en apprécier la différence", est de l'empereur Romain Marc-Aurèle. Elle est la prière "laïque" des groupes d'alcooliques anonymes. Moi aussi je la cite souvent. Elle déculpabilise du sentiment d'impuissance face au désastre de ceux qu'on ne peut aider.

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Re: Eviter la pub sans "s'opposer"

Message par sofi le Mer 6 Fév - 10:38

Eh bien Calispera, tu ne parles pas du 100eme singe ? Wink
(non parce que lorsque j'ai lu le message d'esperence je me suis dit "oula Calispera va "pas aimer" )

mais je suis d'accord faire des discours, dire aux autres, "ce que tu fais est mal".... ça les agasse plus qu'autre choses.
Fais -en silence- ce que tu juges être juste pour toi. Dans l'espoir que ce que tu fais "inspire" ceux qui peuvent te cotoyer. Et ils viendront te poser des questions.
Et si ils ne t'en posent pas, laissent les à leur oeillères.
Parce que ceux là, quand on percutera le mur, ne comprendront même pas pourquoi on en est là.

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Re: Eviter la pub sans "s'opposer"

Message par Laure le Mer 6 Fév - 12:48


combat non violent.

Ca c'est un clin d'oeil pour Laure et moi : la langue française nous force à parler violent même pour parler de non-violence.

Il est mignon aussi celui là Wink Mr Green Razz

Aspiral, c'est chouette le complex de colomb, je ne connaissais pas, je ne savais même pas qu'on l'avais traité de menteur, merci Wink

Sinon pour en revenir à la pub, j'ai enfin réussis à évacuer la télé le soir cheers Mon homme la regarde encore le midii pour les clips (qui sont des petites pubs en soi) mais moi je ne les vois plus, et on regarde de moins en moins de films aussi cheers hey, ça progresse à la maison Wink

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Re: Eviter la pub sans "s'opposer"

Message par calispera le Jeu 7 Fév - 12:12

http://simplicitevolontaire.bbfr.net/simplicite-volontaire-vs-decroissance-f21/eviter-la-pub-sans-s-opposer-t291-15.htm

Bonjour tout le monde,

J'aime bien toutes vos réactions, et je ne peux donc pas me taire face à elles, elles me titillent.

Aspiral,

Ce qui me permet de tenir est uniquement de penser à la chenille qui devient papillon.


Ta remarque me fait très très plaisir. Dans le cadre de mon projet « se changer soi pour changer le monde » (que je n'arrête plus de citer ces derniers jours), j'avais écrit la première version d'un livre. Le titre était le titre du projet, mais dans un second temps, je l'ai intitulé « nous sommes tous des papillons » en faisant à la fois référence à la chenille qui devient papillon, mais aussi à l'anecdote qui raconte qu'un mouvement d'aile de papillon à un bout du monde peut déclencher un ouragan à l'autre bout du monde.
Depuis, j'ai choisi de revenir au titre initial car il correspond plus au contenu du livre. Mais ces notions se touchent.

On a que l'impression de mourir. C'est toujours une naissance. Même si sans doute à l'échelle de temps de notre vie, nous ne participerons qu'à la mort de notre civilisation. L'espérance qu'elle devienne un beau papillon doit nous donner l'énergie de la mobilisation.


C'est un peu dans ce cadre là que j'ai l'espoir que l'avenir nous mènera à fonctionner avec moins de règles, car plus en conscience. Si le niveau de conscience s'élève, énormément de problèmes que nous rencontrons aujourd'hui, ne se poseront tout simplement plus. Ok, on est loin du compte, mais ce n'est pas une raison pour ne pas s'y mettre. Quelqu'un m'a dit, à propos de mon projet, qu'il se peut que nous ne puissions connaître les changements en question de notre vivant, mais que ce n'était pas une raison pour perdre nos motivations. J'avoue que je garde espoir de voir suffisamment de changements de mon vivant, mais même si ce ne devait pas être le cas, je pense que je ne pourrai cesser d'agir dans cette direction.

Sans tomber dans le complexe de Colomb, ....


C'est la deuxième fois que tu y fais référence dans tes messages. J'ai peut-être la mémoire courte, ou été distraite, mais je n'en ai pas vu l'explication, et j'avoue ne pas connaître l'expression. Pourrais-tu expliquer? ou me renvoyer là où tu l'as expliqué Wink

je crois à la nécessité collective de trouver comment recréer des liens dans le tissu social, pour deux raisons principales: d'abord il y a et il y aura toujours des forts et des faibles et aussi, si on met en perspective ce qui se passe, cela risque d'évoluer vers une violence arbitraire et anarchique. Je préfèrerais pour la bonne évolution des choses qu'il y ait deux camps.


Pour moi c'est une conception très chenille sur les liens entre les gens dans la société. Déjà qu'il faudrait définir les forts et les faibles : selon quels critères? La force physique? La santé? Le genre? La richesse? Ce ne sont aucun critère valable pour moi. La force psychologique alors? Ca ne fait pas plus sens pour moi. La conscience alors? Ca non plus ne m'accroche pas. Les gens plus conscients ne pourraient jamais renvoyer les gens moins conscients dans un camp adverse.
De plus, l'idée que les liens doivent fonctionner en fonction de « camp », j'avoue ne pas suivre du tout. C'est préparer la guerre que de vouloir définir des camps.

Pour moi l'évolution des liens sociaux, ce serait plutôt en fonction de l'apprentissage d'une communication saine, l'élévation de la conscience, la connaissance de soi-même, et en fait tout ce qui mène à ce que : quand on veut se faire du bien, on ne peut que prendre le chemin qui fait aussi du bien aux autres, car on est suffisamment conscient pour savoir que quand on se fait du bien au détriment des autres, on se fait a posteriori énormément de mal.

Comme tu l'as fait remarquer dans ton texte sur ton site qui parle du seuil (que tu cites dans un autre échange), l'expérience de vie en communauté que tu as eue, semble montrer qu'il est possible de vivre en harmonie, sans trop d'obligations, de règles, d'interdits etc., tant qu'on n'intègre pas trop de « fouteurs de merde », (excuse l'expression, je n'ai pas mémorisé celle que tu as utilisée) dans le groupe. Cela me ramène à penser que quand on est dans un groupe où une majorité suffisante de gens sont de bonne volonté, et fonctionnent avec un minimum de conscience, on parvient à maintenir un équilibre constructif, viable, évolutif. Et j'ai tendance à penser que cela vaut, quelle que soit la taille de la société. Moi ça me rend optimiste, car je vois réellement les gens devenir plus conscients autour de moi, et j'avoue que je suis aussi beaucoup plus consciente maintenant qu'il y a à peine quelques années. Ca me motive à continuer à aller dans ce sens.

Pour ta culture générale, la phrase :"Mon dieu, donne moi la sérénité d'accepter les choses que je ne puis changer, la force de changer celle que je peux et la sagesse d'en apprécier la différence", est de l'empereur Romain Marc-Aurèle. Elle est la prière "laïque" des groupes d'alcooliques anonymes.


Merci, j'en ai pris bonne note. Me voilà un chti brin moins inculte Wink

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Sofi,

Eh bien Calispera, tu ne parles pas du 100eme singe ?


Tss Sofi, tu n'as donc pas bien lu? Wink Les champs morphiques, ça fait aussi référence au 100è singe Wink Faut lire l'article en question hein Wink

(non parce que lorsque j'ai lu le message d'esperence je me suis dit "oula Calispera va "pas aimer" )


Encore tss Wink Espérance exprime ce que j'aurais exprimé avec ma tendance naturelle (celle que je privilégiais avant, quand je voulais toujours m'opposer, et que j'en désespérais). En fait, elle me donne une belle occasion de m'exprimer sur le sujet, et j'adore ça Wink Tu me connais bien mal Wink

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Laure,

Oui, le mot forcer, il est un peut trop fréquent, mais ici, il ne s'agit pas d'un mot qu'on utilise dans le but d'exprimer quelque chose de non violent. La langue française (ah la salope Wink ) nous force réellement à penser violent Wink

C'est drôle, ici sur le forum, vous utilisez (vous = beaucoup de femmes du forum) souvent l'expression « mon homme » ou parfois « zhom ». Et ça me heurte un peu (c'est pas un reproche). A nouveau, la langue française (eh, oui, la garce Wink ) nous a accoutumés à dire « ma femme » quand l'homme parle de son épouse, de sa compagne. Ce qui est tout de même, à mes yeux, une sorte de manque de respect. Mais c'est tellement ancré dans nos têtes, qu'on ne le voit même pas. Et moi, quand je vois « mon homme », ben je vois un manque de respect, car l'expression est nettement moins ancienne et intégrée dans les moeurs que « ma femme ». Fou hein? Mais bon, quand on n'est pas marié, je vois pas trop quelle expression choisir, si on veut pas parler trop formel. Ya « mon compagnon », mais sinon? Ami et copain ne sont pas assez explicites. Donc j'insiste, c'est pas un reproche, juste une remarque. Et je sais que je serai probablement seule à penser ainsi.

Dernière remarque, la langue n'est que le reflet de ceux qui la pratiquent. Si nous changeons, il va peut-être falloir apprendre à changer la langue Wink

calispera
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