biberons toxiques?

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biberons toxiques?

Message par aurielle le Mar 20 Mai 2008 - 9:49


http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/05/05/l-europe-va-reevaluer-le-risque-sanitaire-des-plastiques-alimentaires_1041267_3244.html
L'Europe va réévaluer le risque sanitaire des plastiques alimentaires
LE MONDE | 05.05.08 | 14h20 • Mis à jour le 05.05.08 | 14h20



A la mi-avril, le gouvernement canadien annonçait son intention d'interdire la commercialisation de biberons constitués de plastique contenant du bisphénol A (BPA), substance désormais considérée comme toxique dans ce pays. Cette décision a aussitôt relancé, à l'échelon international, la controverse concernant les risques sanitaires inhérents à ce composé organique présent dans de très nombreuses matières plastiques et que l'on retrouve dans les fluides corporels de toutes les personnes, ou presque, vivant dans les pays industriels.
Lexique

Bisphénol A (BPA) : composé organique aromatique synthétisé pour la première fois en 1891.

Polycarbonate : contenant du BPA, ce plastique rigide est utilisé dans la production de biberons, d'ustensiles de cuisine, de récipients destinés aux fours à micro-ondes et à la conservation.

Résines époxy : dans le secteur alimentaire, elles servent de couche de protection intérieure des cannettes et des boîtes de conserve, ainsi que de revêtement des conteneurs d'eau et des cuves à vin . Elles contiennent du BPA. Celui-ci est aussi utilisé comme antioxydant dans les plastifiants et le PVC.



Aux Etats-Unis, plusieurs responsables démocrates viennent de demander à ce que la Food and Drug Administration réévalue les niveaux d'exposition pouvant être considérés comme acceptables d'un point de vue sanitaire. Interrogés par Le Monde, les responsables de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ont indiqué, vendredi 2 mai, qu'ils allaient procéder à cette réévaluation.

Le BPA est un produit chimique appartenant à la famille des composés organiques aromatiques. Cette substance est aussi considérée comme un perturbateur endocrinien. Elle a fait l'objet de nombreuses recherches dans les années 1930, lorsque l'on voyait en elle un possible oestrogène de synthèse.

La problématique sanitaire qui entoure le BPA a de nombreux points communs avec celles concernant les expositions aux faibles doses et qui menacent de grands intérêts économiques. Sur la base d'études scientifiques qu'elle avait le plus souvent financées, l'industrie des matières plastiques a longtemps soutenu que le BPA ne présentait aucun danger par voie alimentaire pour l'espèce humaine.

Mais d'autres études, indépendantes, menées sur la souris et sur l'homme, sont récemment arrivées à des conclusions différentes concernant tant le BPA que les phtalates. Ces derniers, aussi présents dans les plastiques et pouvant avoir une action négative sur les fonctions endocriniennes, ont fait l'objet d'interdictions - dans les jouets et articles de puériculture - dans l'Union européenne. Publiée en 2007 dans la revue Environmental Health Perspectives, une étude américaine avait établi chez l'homme des corrélations entre les taux urinaires de phtalates et l'obésité abdominale.

Concernant le BPA, le dernier avis émis par l'EFSA, à la demande de la Commission européenne, est daté du 29 novembre 2006. Il était plutôt rassurant. Les experts notaient que "les personnes étaient exposées au BPA à travers les aliments étant donné son utilisation dans certains plastiques et autres matériaux employés dans des produits tels que les bouteilles et les canettes". Mais ils estimaient que les résultats obtenus chez la souris ne pouvaient être extrapolés à l'homme du fait de la plus grande sensibilité du rongeur aux oestrogènes.

"Après avoir étudié en détail toutes les nouvelles données disponibles depuis les cinq dernières années", le groupe scientifique de l'EFSA proposait même de relever les niveaux d'exposition acceptables. Le groupe concluait ainsi que la "dose sans effet nocif observé" pouvait être située à 0,05 milligramme par kilogramme de poids corporel et par jour alors que celui fixé en 2002 était cinq fois inférieur. Pour sa part, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments ne s'est pas prononcée spécifiquement sur cette question.

"Au stade où nous en sommes, seules des études épidémiologiques et toxicologiques de grande ampleur et incluant de nombreux paramètres permettraient de fournir des résultats indiscutables en ce qui concerne la réalité des effets imputés au BPA, estime Thierry Pineau qui mène des recherches sur ce thème au pôle de toxicologie alimentaire de l'Institut national de la recherche agronomique à Toulouse. En toute rigueur, ces études devraient également s'élargir aux xénobiotiques obésogènes, ces composés chimiques présents dans l'environnement et dont on peut raisonnablement soupçonner qu'ils sont, avec la sédentarité, impliqués dans l'épidémie d'obésité en plein développement dans les pays industriels."
Jean-Yves Nau
Article paru dans l'édition du 06.05.08.


Ottawa compte interdire les biberons pour bébés contenant du bisphénol

18 avr. 08

OTTAWA (AFP) — Le gouvernement canadien a annoncé vendredi son intention d'interdire les biberons pour bébés en plastique rigide fabriqués à partir de bisphénol A, ce qui ferait du Canada le premier pays dans le monde à sévir contre ce composé chimique jugé "potentiellement nocif".

Les représentants de l'industrie pourront cependant tenter de convaincre le gouvernement de revenir sur sa décision, lors d'une période de consultations d'une durée de 60 jours qui débute samedi, a déclaré à la presse le ministre de la Santé, Tony Clement.

"Il est dans l'intention du gouvernement d'interdire l'importation, la vente et la publicité sur les biberons de polycarbonate", a-t-il dit.

Le gouvernement, a-t-il poursuivi, interdira ces biberons, à moins que les industriels réussissent à démontrer, avec de nouvelles preuves à l'appui, que les conclusions du gouvernement sont erronées.

"Le Canada deviendra le premier pays au monde à passer à l'acte pour limiter l'exposition au bisphénol A", a-t-il dit en précisant qu'il s'agissait essentiellement d'une mesure de précaution.

Selon le ministère, des études ont déterminé que la principale source d'exposition des nouveau-nés et des nourrissons se produit lorsque le biberon de polycarbonate est exposé à une température élevée, et lorsque le bisphénol, imprégné dans le revêtement des boîtes de préparation pour nourrissons, migre dans la préparation liquide.

Les scientifiques ont conclu dans leur évaluation que l'exposition des nouveau-nés et des nourrissons au bisphénol A est inférieure aux niveaux générateurs d'effets sur la santé.

Cependant, l'écart entre cette exposition et l'effet sur la santé n'est pas assez grand, c'est pourquoi le gouvernement propose de réduire l'exposition au bisphénol A, indique le ministère dans un communiqué.

"Nous allons travailler avec l'industrie pour réduire le niveau de bisphénol A dans les revêtements des boîtes de préparation pour nourrissons et pour trouver des technologies de remplacement aussi rapidement que possible", a déclaré M. Clement.

Avant même cette annonce, plusieurs grandes chaînes canadiennes de distribution avaient retiré de leurs tablettes ces dernières semaines des bouteilles en plastique rigide fabriqués avec du bisphénol, évoquant des risques pour la santé.

M. Clement a cependant insisté sur le fait que ces bouteilles, tout comme les nombreux autres matériaux ou objets fabriqués avec du bisphénol, ne posent aucun risque, rejoignant en cela la position des industriels.

Un rapport préliminaire du gouvernement américain estime que le bisphénol A pourrait provoquer des problèmes hormonaux et neuronaux.

Les découvertes scientifiques provenant de nombreuses études de laboratoires sur des animaux "confirment que de faibles niveaux de bisphénol au moment du développement du corps peuvent provoquer des changements dans le cerveau, de la prostate, des glandes mammaires ainsi que l'âge de la puberté chez les filles", indique ce rapport du ministère américain de la Santé rendu public mardi.

Pour celles que ça intéresse, dans les livres de cours des élèves auxiliaires de puériculture, c'est le biberon en verre qui est recommandé. Toutefois, des responsables de structures indiquent que les biberons en verre doivent être proscrit dans ces lieux collectifs( type crèche) à cause du risque de casse. Certaines structures proposent aux parents d'apporter le matériel de leur choix, ce qui résoud les problèmes de tétines.... et de biberons...
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aurielle

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