La notion de régrès

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La notion de régrès

Message par Joël le Mer 22 Nov 2006 - 23:03

Trouvé ici http://dvanw.blogspot.com/2006/11/091-rgrs.html

Un visionnaire:
Géographe, historien, militant anarcho-humaniste, chantre du naturisme et du végétalisme, Elisée Reclus (1830-1905) avait sans doute un ou deux siècles d'avance sur son époque, dont il ne goûtait guère le positivisme triomphant :

De quels chants de triomphe en l’honneur du progrès n’ont pas été accompagnées les inaugurations de toutes les usines industrielles avec leurs annexes de cabarets et d’hôpitaux ! (...) Et de quelle nature est le prétendu progrès pour les gens du Kamerun et du Togo qui ont l’honneur d’être abrités désormais par l’étendard germanique ?
Face à cette idée du progrès basé sur l'Industrie et la Conquête, Elisée Reclus imagine la notion de régrès : le fait général est que toute modification, si importante qu’elle soit, s’accomplit par l’adjonction au progrès de régrès correspondants.

Pourtant, Elisée Reclus n'est pas un décliniste, bien au contraire ! Il croit fermement à l'idée de progrès humain, mais un progrès qui consiste à trouver l’ensemble des intérêts et des volontés commun à tous les peuples, un progrès qui se confond avec la solidarité. Quant au déclinisme, il explique ainsi son origine :

Les enfants ont une tendance naturelle à considérer leurs parents comme des êtres supérieurs, et ces parents en avaient fait autant pour leurs pères ; le résultat de tous ces sentiments, se déposant dans les esprits comme des alluvions sur les bords d’un fleuve, eut pour conséquence de faire un véritable dogme de la déchéance irrémédiable des hommes.

Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Reclus
RA Forum : http://raforum.apinc.org/article.php3?id_article=3008
La prise de conscience ne date pas d'hier!
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Re: La notion de régrès

Message par LeLama le Mer 22 Nov 2006 - 23:44

Hmm. C'est très proche des points de vue d'Ivan Illich, qui disait qu'au dela d'un certain niveau d'industrialisation, pour toute nouvelle avancée, les couts indirects étaient plus grand que les bénéfices directs.

Il avait calculé dans les années 70 le cout réel d'une voiture (essence, assurance, réparations): pour le temps passé à payer la voiture, on aurait pu aller plus loin en utilisant son vélo Smile

Le calcul n'est pas si différent aujourd'hui. Si une voiture coute 50 centimes d'euro au kilomètre tout compris, et qu'on gagne 10 euros de l'heure net d'impots et de frais professionnels divers, il faut travailler trois minutes pour faire un kilometre en voiture. S'y ajoute le temps moyen de parcours en voiture, environ 2 min a 30 kmh de moyenne. Au tolal, cinq minutes de temps total passé pour faire un kilomètre en voiture.

En vélo, en cinq minutes, en général on fait largement plus d'un kilomètre. Donc on va plus vite en vélo Mr Green
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Re: La notion de régrès

Message par LeLama le Mer 22 Nov 2006 - 23:50

En fait non, c'est très différent d'Illich. J'ai trouvé ce commentaire sur Reclus dans Wikipedia:

Il croyait fermement en la valeur du progrès qui seul, pensait-il, pouvait apporter une amélioration des conditions de vie et des relations entre les hommes.
A l'inverse, Illich pensait que le progrès (au dela d'un certain niveau également) faisait de l'homme un outil de sa machine, que l'homme devenait un instrument du progrès.
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Re: La notion de régrès

Message par Joël le Jeu 23 Nov 2006 - 14:11

Non, je crois que ta première impression était la bonne, il y a de l'Illich en Reclus, indiscutablement, avec des parcours différents: Un géographe anar et un jésuite issue de milieu aisé.

Cette phrase de ton second post isolée de son contexte perd de son sens. En fait Reclus parle de progrès quand Progrès - Régrès fait une somme positive.

On ne peut pas être contre le progrès où alors il faut redéfinir le sens du mot. Je sais que la sémantique a glissé pour cause de réclame puis de pub mais on dit toujours que l'enseignement gratuit et obligatoire est un progrès. N'est-il pas?
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Re: La notion de régrès

Message par LeLama le Jeu 23 Nov 2006 - 22:04

Joël a écrit: mais on dit toujours que l'enseignement gratuit et obligatoire est un progrès. N'est-il pas?
Oui, c'est toujours positif, même si l'enseignement est de plus en plus un facteur de selection davantage qu'un facteur d'education No
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Re: La notion de régrès

Message par LeLama le Jeu 23 Nov 2006 - 22:14

D'ailleurs Illich avait sur l'ecole une position radicale. Il disait que c'était devenu une instiution de droite, c'est à dire qu'elle s'autoreproduisait et qu'elle excluait ceux qui ne s'y soumettaient pas.

Il a écrit un livre qui s'appelle "Une société sans école". C'est un livre assez dérangeant pour le point de vue Français. Meme si on ne prend pas tout du livre, beaucoup d'idées très intéressantes pour ceux qui sont enseignants. Après la lecture, on est davantage au service des élèves et moins au service de l'institution.


Dernière édition par le Ven 24 Nov 2006 - 22:57, édité 1 fois
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Re: La notion de régrès

Message par Invité le Ven 24 Nov 2006 - 11:07

Je pense que Reclus croyait profondément au progrès. C'était un humaniste et un écologiste avant l'heure mais surement pas un adepte de la décroissance ! Voir la conclusion de son livre cité plus haut :

Ce n’est pas tel ou tel stade de l’existence personnelle et collective qui constitue le bonheur, c’est la conscience de marcher vers un but déterminé, que l’on veut et que l’on crée partiellement par sa volonté. Aménager les continents, les mers et l’atmosphère qui nous entoure, « cultiver notre jardin » terrestre, distribuer à nouveau et régler les ambiances pour favoriser chaque vie individuelle de plante, d’animal ou d’homme, prendre définitivement conscience de notre humanité solidaire, faisant corps avec la planète elle-même, embrasser du regard nos origines, notre présent, notre but rapproché, notre idéal lointain, c’est en cela que consiste le progrès.

C’est donc en toute confiance que nous pouvons répondre à la question qui surgit en chaque homme dans le secret de son cœur : oui nous avons progressé depuis le jour où nos ancêtres sortirent des cavernes maternelles, pendant les quelques milliers d’années que constitue la courte période conscience de notre vie..
Même s'il élargit la notion de progrès pour qu'elle prenne en compte "la planète entière" il reste qu'il voit en celle-ci un "jardin terrestre". Certes il faut la respecter, mais dans la limite de ce respect, il faut "aménager les continents", "cultiver notre jardin"... On est loin de l'idée des deep ecologists qui veulent libérer une Nature mythifiée de la pression humaine...

"Le bonheur c'est de marcher vers un but déterminé que l'on crée partiellement par sa volonté..."
Plutôt optimiste, non ?

dvanw

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